États-membres

Le Royaume-Uni au bord de la scission avec l’Union-Européenne

Le 9 décembre 2011, David Cameron a posé son veto à un nouveau traité européen et cette décision est soutenue par 57% des Britanniques.

C’est à se demander si De Gaulle n’avait pas raison de s’opposer deux fois, en 1963 et 1967, à l’entrée du Royaume-Uni dans la Communauté Économique Européenne. Le Grand Homme était certainement visionnaire : si officiellement le Royaume-Uni a fait son entrée dans l’Union Européenne en 1973, son intégration n’est pas complète.

Alors que la Turquie ne cesse de relancer le processus de son intégration au sein de l’Union Européenne, le Royaume «Uni » préfère se démarquer du club des 27. Comment un pays aussi démocratique peut-il être en même temps si « narrow- minded » ? Le fait de vivre en Angleterre cette année n’a fait qu’accentuer ma conviction que le Royaume-Uni est bien loin d’être un pays totalement intégré à l’Union. 

Le Royaume-Uni est un pays européen eurosceptique et cela ne va pas en s’arrangeant face au constat de la montée en puissance de l’ United Kingdom Independence Party. Petite parenthèse, il existe d’autres partis dans les États membres de l’Union qui revendiquent une sortie de l’Union Européenne : le parti Di Linke allemand, le Parti autrichien de la liberté, les souverainistes en France, etc.

Mais quels sont les facteurs qui influencent l’euroscepticisme des anglais ?

Les médias britanniques : 

Les journaux anglais sont très provocateurs au sujet de l’Europe :

  • « TORY MUTINY OVER EUROPE » ( 20/10/1, Daily Mail) : suite à la proposition de David Cameron d’obtenir un référendum portant sur la question de la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne.
  • « EUROPE SPEAKS GERMAN NOW !  » (16/11/11, Daily Mail)
  • « IF DAVID CAMERON HAS A BRITISH VISION FOR EUROPE, LET HIM TELL US WHAT IS IT »‘ (16/11/11, The Guardian)
  • « STAND UP FOR BRITISH RIGHTS » (8/12/11, Daily Mail) : «The Prime Minister had told MPs he would fight for the UK national interest in tonight’s EU treaty talks, declaring «  The more eurozone countries ask for, the more we will ask for in return » 

Le pouvoir politique :
Les 8 et 9 décembre 2011 lors du sommet de Bruxelles, le couple franco-allemand a présenté les grandes lignes d’un nouveau traité budgétaire capable de régler en partie les effets de la crise économique. En posant son veto, David Cameron n’a pas fini de faire parler de lui. Non seulement, le veto s’inscrit dans la suite logique de la « non » intégration du Royaume- Uni à l’Union (non à l’Euro, non à Schengen, multiples « out-puts » dans les traités) mais ce veto est aussi l’illustration de la volonté du gouvernement anglais de sortir de l’Union.

C’est donc avec brio que David Cameron a réussi à se mettre à dos :

  • Les 26 « autres » membres de l’Union Européenne qui ont accepté les grandes lignes du nouveau traité
  • Nick Clegg, membre – certes effacé – de la coalition, mais pro-européen

Comment une crise politique de ce genre-là peut-elle être résolue ou doit-elle être résolue ? Le veto du Premier Ministre conservateur manque fâcheusement de bon sens. Si le gouvernement anglais est si réticent à l’idée d’une véritable Union Européenne, pourquoi n’utilise-t-il pas son droit de retrait (article 50 du Traité sur l’Union Européenne ) ?

Pauline Armandet

Publicités

Une réflexion sur “Le Royaume-Uni au bord de la scission avec l’Union-Européenne

  1. Pingback: Le bilan de l’Europe en 2011 | Au Café de l'Europe

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s