États-membres/Institutions de l'UE

Le bilan de l’Union Européenne en 2011

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel réunis pour une pub Benetton

2011 a été l’année du printemps arabe, de la fin des tyrans, du Japon à nouveau contraint de gérer une catastrophe nucléaire ainsi que de la mobilisation de centaines de milliers d’indignés dans le monde occidental, de New York à Madrid en passant par Tel-Aviv. Mais 2011, c’est aussi l’effondrement d’un système économique que l’on croyait fiable. De l’économie à l’identité européenne, revue en détail d’une Union européenne en plein bouleversement version 2011.


L’Europe malade et ses solutions face à la crise économique : 

Les  17 membres de l’euro zone, avec l’entrée de l’Estonie cette année, sont plongés dans une des crises des plus graves de l’histoire de l’Union Européenne. Faillite financière de la Grèce et en Italie, Indignés de la Puerta del Sol en Espagne, émeutes au Royaume-Uni, c’est au tour à présent des agences de notations de menacer la France de perdre son « triple A». La conjoncture économique actuelle aura accentué les disparités sociales entre les États Membres. Une étude d’Eurostat sur la pauvreté en Europe met en évidence un fossé de plus en plus grand entre une Europe de l’Ouest qui prend les décisions et une Europe de l’Est qui suit. Voici une vidéo susceptible de vous intéresser : 2012: L’Europe imprévisible

Des solutions économiques ont été proposées par les décideurs européens :

  • L’Acte pour le marché unique datant du 12 avril qui a pour but de relancer le marché intérieur d’ici 2012 et d’aider citoyens, entreprises, consommateurs et travailleurs.
  • Les six rapports sur le pacte de stabilité et de croissance

S’exprimant au sujet de l’Europe économique, le député tchèque Jan Zahradil évoque une « forme de dictature budgétaire dirigée depuis Bruxelles, Francfort, Paris et Berlin ». Les pays de la zone euro et de l’Union Européenne dans son ensemble ont essayé de répondre à cela en enchaînant les réunions au sommet :

  • Le sommet du G20 à Cannes en novembre, les 3 et 4 novembre, au sujet de la crise dans la zone euro s’est clôturé sur la décision du Premier ministre grec de soumettre le plan d’aide européen à référendum.
  • Le sommet de Bruxelles, les 8 et 9 décembre, au cours duquel un nouveau traité a été proposé par le couple franco-allemand pour faire face à la crise, mais le veto du Premier Ministre Britannique David Cameron met un frein à tout processus de négociation.

Malgré toutes ces réunions de crise, l’Europe, entrainée par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel n’aura pas réussi à s’entendre sur une chose : donner à la Banque Centrale Européenne de véritables armes financières afin de surpasser une situation qui a duré trop longtemps. Car, au-delà d’un soit – disant couple ‘Merkozy’, c’est bien la chancelière et la doxa allemande qui ont imposé leur vue : celle d’une lutte impitoyable contre l’inflation, quelqu’en soient les conséquences économiques sur l’Europe toute entière.

La notion d’identité européenne en question

En 2011, la Charte sociale européenne a fêté ses 50 ans. Depuis la moitié du XXe siècle, l’Union Européenne n’a cessé de garantir des droits aux citoyens. Petit à petit, les États Membres de l’Union se sont alignés sur la législation européenne, conformément aux critères de Copenhague. Cette année par exemple, l’Espagne a rejoint la majorité des États membres en adoptant la loi sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics.

L’Union Européenne a par ailleurs voulu renforcer le lien entre les citoyens et les institutions européennes afin de légitimer la notion de citoyenneté européenne. Si l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) proposée par le Traité de Lisbonne n’en n’est encore qu’à ses premiers balbutiements, on remarque des avancées dans plusieurs domaines. En effet, l’Europe se veut plus proche des citoyens.  Cette année encore le Parlement européen a accueilli un grand nombre de citoyens afin d’assister à des sessions plénières.

Néanmoins, le taux de participation aux élections européennes demeure malheureusement toujours très faible. Une des raisons principales consiste dans le manque d’intérêt des citoyens nationaux vis-à-vis des problématiques européennes. La notion d’identité européenne ne fait toujours pas l’unanimité au sein des européens, surtout dans les pays où l’euroscepticisme est important à l’instar du Royaume- Uni ou de la  Hongrie. En effet, ce pays récemment intégré dans l’Union Européenne, dirigé par Viktor Orban, refuse ostensiblement d’être en accord avec les directives européennes. Son dernier projet de loi a particulièrement irrité Manuel Barroso. Mais la citoyenneté européenne n’est pas seulement remise en cause par les hommes politiques. Elle est aussi insufflée par une poussée du populisme et de l’extrême-droite dans une majeure partie des pays de l’Union Européenne comme cela a été le cas lors de la tragique tuerie qui s’est déroulée à Oslo en juillet dernier.

Par ailleurs, la citoyenneté européenne est bien plus qu’une notion symbolique : elle garantit des droits. A titre d’exemple, au mois de juin, le Parlement européen a enfin adopté une directive sur le droit des consommateurs. Mais l’effet inverse peut aussi exister: cela s’est notamment vu lors du  renforcement des contrôles aux frontières de l’espace Schengen en juin dernier malgré les fortes critiques du Parlement Européen.

Une Union Européenne soucieuse de l’environnement: 
La question de l’environnement est devenue un enjeu majeur ses dernières années pour l’Union Européenne. Au Sommet de Durban en décembre, malgré le sentiment d’échec de cette réunion, les décideurs européens se sont entendus sur l’impératif de lutte contre le réchauffement climatique. Dans la même perspective, l’Union Européenne se veut plus «verte», conformément au modèle allemand.

Parmi les principales mesures environnementales adoptées cette année, il faut retenir :

  • La volonté d’une PAC après 2014 plus «verte » et « simplifiée », approuvée par la Commission .
  • L’adoption par la Commission européenne le 13 avril d’une taxe carbone européenne. De manière concrète, cette taxe implique que les prix du charbon et du gazole augmenteront à partir de 2023 car ils polluent trop la planète.
  • La mise en place d’un marché unique de l’énergie d’ici à 2014, approuvé par le Conseil Européen.
  • Les actions du Parlement Européen concernant l’environnement sont également nombreuses. En effet, l’année 2011 aura vécu une crise agricole en raison de la bactérie E.Coli particulièrement dévastatrice, touchant consommateurs et agriculteurs. Le Parlement européen a ainsi décidé d’indemniser les agriculteurs de concombre et de pêches dont les récoltes ont été les plus mauvaises. De plus, le Parlement a laissé le libre choix aux Etats membre de décider d’interdire ou non les cultures OGM.

 Ainsi, il est clair que les institutions européennes ont œuvré cette année en faveur de l’environnement. L’Union Européenne, qui prend conscience des dangers liés à l’environnement, cherche également à faire prendre conscience au plus grand nombre de citoyens de cet l’impératif de survie. Mais le chemin reste encore long à parcourir car à l’heure actuelle, les questions environnementales ne font toujours pas l’unanimité entre les Etats Membres comme le sujet du nucléaire.

Les actions ciblées de l’Union Européenne:

Les démocraties de l’Est de plus en plus sollicitées
Le 1er Janvier 2011, la présidence tournante du Conseil de l’Union Européenne a été assurée par la Hongrie, sur une note controversée (une loi sur les médias appliquée à quelques jours de la prise de la présidence). En mars, l’Union Européenne avait réussi à rouvrir le dialogue entre la Serbie et le Kosovo et donc à atténuer les tensions. Et l’arrestation le 20 juillet de Goran Hadzic a permis de renforcer les relations entre l’UE et la Serbie, favorisant le processus d’adhésion de la Serbie. De plus, une étude a révélé que 4000 citoyens de l’Europe de l’Est travaillent actuellement pour l’administration européenne, ce qui traduit bien le processus d’intégration des économie des pays de l’Est.

L’intégration des nouveaux membres:

Les membres de la Commission Européennes se sont accordés sur trois pays susceptibles d’adhérer prochainement à l’Union Européenne. Il s’agit tout d’abord de l’Islande qui satisfaisait aux critères européens dits « critères de Copenhague ». Du côté des pays de l’Est, ce sont la Croatie -dont l’adhésion est prévue pour Juillet 2013- et la Serbie qui sont concernés par ce processus.

Ainsi, à l’heure où le veto de David Cameron fait rugir les Etats Membres, faut-il être aussi pessimiste que ceux qui prétendent que «l’Europe à 27 n’existe plus ? ». Certainement pas. Il faut rester optimiste. Par exemple, le Traité de Lisbonne contribue au bon fonctionnement des institutions européennes. En effet, deux ans après son entrée en vigueur, il aura fait émerger deux d’entre elles. On assiste à l’essor du Parlement européen qui, en plus d’être doté une légitimité démocratique, a vu ses pouvoirs renforcés. De même, le Conseil européen, grâce à ses réunions fréquentes, a gagné en légitimité et en efficacité.

Néanmoins, certains sujets sont inquiétants et sont a regarder de près : le problème récurrent d’une Union Européenne incapable de parler d’une « seule voix » comme on a pu le constater lors des révolutions du monde arabe, la crise économique de l’euro zone, l’aide économique de la Chine envers l’Union européenne qui fait polémique.

Ces quelques éléments laissent penser que l’Europe devra redoubler d’efforts au cours de l’année 2012 pour continuer à peser dans les relations internationales.

Pauline Armandet


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