Interviews

L’interview d’Hélène Feo : L’Europe en 2012

Au Café de l’Europe a interviewé Hélène Feo, candidate à l’élection présidentielle française et soutenue par le Parti Fédéraliste Européen.


Depuis quand êtes-vous engagée pour l’Europe ?
« C’est une histoire familiale de longue date. Mes grands parents républicains espagnols et polonais ont vécu l’enfer du nationalisme et des guerres qui ont ravagés l’Europe par deux fois. Je les qualifie d’ailleurs de « guerres civiles européennes ». A cette époque, les « petits gens » immigrés de surcroit, n’avaient pas la parole. Le Franquisme a détruit des familles entières, le fascisme italien et le nazisme ont fait basculer les européens dans la plus grande tragédie de notre histoire. Je n’oublie rien. Des millions d’européens, de résistants ont perdu leur vie pour défendre notre démocratie. C’est pour eux que j’ai voulu créer un parti européen, humaniste et clairement fédéraliste, afin de redonner à notre destin commun son sens initial : une Europe fraternelle. »

Quelle idée de l’Europe défendez-vous ?
« Une Europe fédérale. Nos principales propositions sont : un Président élu au suffrage universel, un gouvernement responsable devant l’Assemblée et un Sénat européen des régions. L’Etat Fédéral doit englober la politique monétaire, le budget fédéral Européen, la politique de défense, la politique étrangère. Il faut un siège unique de l’Europe au conseil de sécurité de l’ONU. L’Etat Fédéral sera constitué d’un noyau dur d’Etats pionniers. Helene Feo évoque également la mise en place d’un droit, d’une police des frontières, d’une justice fédérale et la création d’une nationalité européenne. »

Comment définissez-vous le Parti Fédéraliste Européen?
« Bien loin des vaines tentatives pour contre-carrer la crise, le Parti Fédéraliste et « Europe United » ont uni leurs forces pour créer le Parti Fédéraliste Européen le 5 novembre 2011 à Paris. Rejoint par Marco Pannella, personnalité politique italienne et soutenu par des fédéralistes de longues dates (Mouvement Européen, Jeunes Fédéralistes..), le Parti Fédéraliste Européen est désormais présent dans 22 pays de l’Union européenne. Le Bureau du Parti Fédéraliste Européen est ainsi constitué: il y a deux présidents (Pietro de Mateis, italien, 28 ans et Yves Gernigon français, président du PF, 47 ans), deux co-présidents (Hélène Feo, franco-polonaise et espagnole, 46 ans et Jean Pierre Van Arkel, 65 ans, hollandais) et 1 trésorier, Nico Segers, 30 ans, belge. Le Parti Fédéraliste Européen laisse aux jeunes européens une place prépondérante au sein du parti contrairement aux « autres partis » qui refusent de laisser s’exprimer les femmes et les jeunes . »

En 2011, que pensez-vous de la position de la France dans l’UE? 
« La position de la France dans l’Union européenne est fragilisée contrairement aux apparences. La France ne propose rien de solide. Notre pays accumule les réunions in-ter gouvernementales où chacun reste sur des positions conservatrices pour ne pas dire doctrinaires. Le tandem France-Allemagne méprise nos voisins. Certes, ils pèsent moins que le duo franco-allemand, mais ce n’est pas ma vision de l’Europe. On ne fait pas une Europe à 2 ! Et à 27 elle se bloque toute seule… Il faut tout revoir. La France est en position de faiblesse, les délocalisations ont fait perdre un million d’emplois industriels en dix ans, nos produits ne s’exportent pas assez malgré des atouts incontestables. Cette position de fragilité vis-à-vis de l’Allemagne permet à Madame Merkel d’influencer la politique européenne en sa faveur, notamment en refusant toute avancée sur le rôle de la BCE. Ce n’est pas bon pour l’Europe des citoyens. La classe moyenne française et européenne va payer le prix fort de la politique de rigueur. Nous sommes loin d’une Europe solidaire. »

Pourquoi vous lancez-vous dans l’aventure présidentielle ?
« J’ai rejoint le Rassemblement pour l’Europe fédérale (REF) à 24 ans en 1989 puis nous avons décidé de créer le Parti Fédéraliste fin 1994 dont je suis la co-fondatrice. Nous sommes les seuls en France à parler de fédéralisme comme projet politique majeur. Le Front National, via son Président de l’époque, nous affuble du qualificatif très imagé de « fédérastes »… Nous avons vite compris que nous n’aurions pas que des amis! Après une traversée du désert où les grands médias nous ont ignoré, la crise de l’Europe nous remet sur le devant de la scène. Nous avons un projet sérieux, solide qui redonne à notre destin commun les valeurs visionnaires des pères fondateurs, Jean Monnet et Robert Schuman : « Pour que la paix puisse vraiment courir sa chance, il faut, d’abord, qu’il y ait une Europe. Cinq ans, presque jour pour jour, après la capitulation sans condition de l’Allemagne, la France accomplit le premier acte décisif de la construction européenne et y associe l’Allemagne. Les conditions européennes doivent s’en trouver entièrement transformées. Cette transformation rendra possible d’autres actions communes impossibles jusqu’à ce jour. L’Europe naîtra de tout cela, une Europe solidement unie ». Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons bâtir une Europe des citoyens, une Europe Fédérale ! Voila pourquoi le Parti Fédéraliste Européen me soutient dans cette aventure car je suis bien d’accord avec vous cela en est une ! »

En quoi consiste votre programme présidentiel et qu’est-ce que le  « Printemps européen »?
« La jeunesse a démontré sa grande maturité politique en 2011 : Printemps Arabe réclamant des droits démocratiques, mouvement des Indignés… Nous ne voulons pas que la jeunesse soit sacrifiée sur l’autel de l’austérité. Nous pensons qu’il est temps en Europe d’avoir aussi notre Printemps Européen. Comment donner du travail aux jeunes sans qualification ainsi qu’aux diplômés qui arrivent sur le marché du travail sans politique de relance européenne ? Nous avons prévu un Budget fédéral pour cela. Il faut aussi mettre en place une Politique industrielle européenne (inexistante aujourd’hui) avec un vrai label européen afin d’éviter une concurrence fratricide. Nous créerons une plateforme européenne de l’emploi où chaque jeune aura accès à toutes les offres d’emploi au sein de la fédération européenne. Nous créerons un Fond de solidarité pour l’embauche obligatoire de jeunes dans les grandes entreprises avec allègement de charges pour les apprentis comme pour les diplômés. Les plans successifs ne proposent rien pour la jeunesse. Malheureusement, 50 % des jeunes espagnols sont au chômage dans une Europe qui a pourtant tous les atouts pour réussir. Nous n’avons jamais entendu la Commission Européenne s’émouvoir, par la voix de son Président Monsieur José Manuel Barroso, de leur situation. Le fatalisme de nos dirigeants et l’absence de courage politique pour préserver une soit-disante souveraineté nationale nous conduisent à la faillite collective. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Les souverainistes et nationalistes profitent de la situation mettant en grand danger 70 ans de paix en Europe. Les fédéralistes n’ont pas combattus les idées du nazisme et du fascisme pour se laisser impressionner par une crise financière. Nous refusons cette politique injuste pour bâtir une Europe apaisée avec elle même, une Europe Fédérale. »

Pour en savoir plus sur le programme d’Hélène Feo : http://hfeo2012.lesfederalistes.eu/

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