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Présidentielle 2012 : pour un ralliement des centristes à Nicolas Sarkozy


J’ai voté pour François Bayrou au premier tour, notamment en raison de mes convictions pro-européennes. Est-ce cohérent, pour moi et d’autres électeurs de François Bayrou, de soutenir Nicolas Sarkozy, alors que l’UMP a choisi une stratégie de droitisation ?

Un choix cohérent et réfléchi

Il y a indiscutablement certains points sur lesquels je ne partage pas les idées de Nicolas Sarkozy, notamment ses prises de position récentes vis-à-vis de l’Europe (par exemple, la menace de suspension de la participation de la France à l’Espace Schengen – ce qui n’est juridiquement pas possible), ou encore la stratégie de droitisation pour séduire les électeurs du FN (et qui a échoué au premier tour). Je pense toutefois que ces positions quelque peu extrêmes sont dues, avant tout, au contexte de campagne électorale. Par ailleurs, je suis en désaccord avec François Hollande sur de nombreux thèmes aussi. Enfin, il faut également rappeler qu’il est logique de ne pas être totalement d’accord avec l’un des deux candidats qualifiés pour le second tour, surtout si l’on n’a pas voté pour eux au premier.

Pourquoi ai-je décidé de soutenir Nicolas Sarkozy ? Je citerai trois raisons : des valeurs traditionnellement véhiculées par la droite, la nécessité de redonner confiance, et la question prioritaire de l’assainissement des finances. Il ne s’agit donc pas d’un ralliement aveugle.

 

Les valeurs

Je pense d’abord à la liberté : la liberté d’entreprendre, la liberté de prendre son destin en main. J’aime beaucoup l’image américaine du « self made man« . Cela n’est évidemment possible que si l’Etat laisse de la place à l’innovation, aux initiatives privées, qu’elles soient individuelles ou collectives. Si l’Etat devient omnipotent et prend un rôle trop important dans la vie sociale et économique du pays, l’énergie créatrice ne peut pas se libérer, et finit par faiblir, au détriment de tout le pays.

Comme j’entends déjà les critiques qu’engendrera ce paragraphe (je serai dépeint comme un ultralibéral, etc.), je souligne tout de suite que l’on peut distinguer entre innovations réelles et innovations financières, et aussi que la plupart des innovations ont des côtés positifs et négatifs, et donc, il faut les utiliser de manière à ce que l’aspect positif l’emporte.

Je pense ensuite au mérite, à l’équité et au travail. Il faut valoriser la réussite, la récompenser, plutôt que de la pointer du doigt en dénonçant les inégalités qu’elle crée. La récompense de la réussite appelle de nouveaux efforts, qui aboutiront à de nouvelles réussites, etc. Un cercle vertueux peut se mettre en place.

Je pense aussi au respect et à la justice. Plutôt qu’à l’autorité, je songe surtout au respect mutuel, nécessaire pour vivre ensemble. Par exemple, de nombreuses petites incivilités pourrissent le quotidien de certains citoyens. Il faut donc les sanctionner de façon appropriée (je songe à des sanctions à caractère pédagogique plutôt que répressif, du moins au début).

Par ailleurs, respecter l’autre, c’est aussi être juste vis-à-vis de lui.

Enfin, Nicolas Sarkozy a raison d’insister sur le fait que chaque citoyen a des droits et des devoirs. La communauté est là pour soutenir l’individu dans les moments difficiles (c’est le principe de l’Etat providence) ; à l’inverse, l’individu doit apporter sa pierre à l’épanouissement de la communauté. Chacun a le droit d’être respecté et chacun doit respecter les autres. Ma liberté s’arrête là où commence celle d’autrui. Avoir conscience de cet équilibre entre droits et devoirs est donc essentiel.

 

Redonner la confiance. A qui ? Et comment ?

Je pense à la confiance dans l’initiative privée pour relancer l’économie, à la confiance des acteurs économiques dans la France, indispensable pour relancer la croissance, et aussi, voire surtout, à la confiance des Français dans l’avenir. Je m’explique…

Deux types d’acteurs peuvent essayer de relancer l’économie : l’Etat (et, plus largement, les personnes publiques) ou les personnes privées. Or, aujourd’hui, l’Etat est surendetté. Vouloir mettre en œuvre un grand plan de relance par la dépense publique serait irresponsable. Par ailleurs, comme nous ne vivons pas en autarcie, une part non négligeable du surplus de croissance / de revenu servirait à des importations. Notre plan de relance soutiendrait donc aussi, la croissance de nos partenaires commerciaux (Allemagne, Chine, etc.) !

Si l’on veut véritablement relancer l’économie, il faut soutenir la relance de la production privée en Europe et plus particulièrement, en ce qui nous concerne, en France. Ce n’est pas pour rien que l’un des piliers du programme de François Bayrou était le soutien et la valorisation du « made in France« . Cela suppose un changement de mentalité de la part des consommateurs. Cela suppose aussi une réforme profonde du marché du travail : plus ce marché est rigide, plus il est difficile, pour un chômeur d’y rentrer. Pour aller de pair avec une flexibilisation du marché du travail, il faut bien sûr aussi proposer des mesures d’accompagnement adaptées, par exemple des formations, afin d’orienter les demandeurs d’emploi vers les secteurs qui manquent justement de main d’œuvre qualifiée. Contrairement à ce que croient certains, protéger le travail en France, ce n’est pas interdire les licenciements…

 

Comme nous ne vivons pas en autarcie – nous importons des produits que nous ne possédons ni ne pouvons fabriquer en France, comme le pétrole ; nous exportons des biens et services pour lesquels nous sommes parmi les leaders mondiaux, par exemple certains produits agricoles –, il est nécessaire que les acteurs économiques externes aient confiance dans la France, afin qu’ils y effectuent des investissements et qu’ils achètent des produits français et européens.

Il faut donc valoriser le « Made in Europe » et le « Made in France« , valoriser la qualité de nos produits, soutenir notre effort de recherche, investir dans l’éducation et dans la formation professionnelle. Dans le bilan de Nicolas Sarkozy, je note plusieurs mesures positives, dont l’autonomie des universités, les initiatives d’excellence, ou encore les investissements stratégiques d’avenir. Quant à son programme, il inclut diverses propositions susceptibles d’aller dans la bonne direction, par exemple cibler les moyens pour soutenir les élèves qui en ont besoin (le problème est la répartition des moyens, pas la quantité globale), encourager les accords entre partenaires sociaux pour rendre la France plus compétitive (c’est un modèle utilisé par des pays à la protection sociale très développée, tels que la Suède), soutenir les PME, ou encore défendre la pérennité de l’agriculture française et européenne.

Enfin, la confiance de nos partenaires et des investisseurs passe aussi par le respect de nos engagements, par une bonne gestion du budget de l’Etat, et donc, par des engagements crédibles pour réduire la dette, autre thème cher à François Bayrou.

 

Le programme de Nicolas Sarkozy peut rendre aux Français la confiance en l’avenir

Je le pense. C’est d’ailleurs une question absolument essentielle, car si nous n’avons pas confiance en nous-mêmes, nous serons à l’origine de notre propre chute.

Il faut retrouver la confiance en soi-même et dans les autres. Sur ce dernier point, je dois indiquer, pour être honnête, que je déplore le discours actuel de Nicolas Sarkozy, bien trop focalisé sur les thèmes de l’immigration et de la sécurité. Bien sûr, garantir la sécurité permet à chacun de vivre plus tranquille. Mais jouer sur la peur de l’autre n’est pas propice à rétablir la confiance mutuelle.

Cela étant, Nicolas Sarkozy a raison de mettre l’accent, dans son programme, sur les valeurs que nous partageons, car elles sont l’un des fondements de notre vie en société.

Par ailleurs, il a également raison de souligner que la solidarité n’est pas l’assistanat : la dignité de chacun doit être respectée ; les citoyens sont égaux, et ont des droits et des devoirs. La confiance en nos capacités passe aussi par la reconnaissance et le respect des autres à notre égard, ainsi que par l’affirmation de notre responsabilité individuelle.

Enfin, face à la situation difficile que traversent la France, l’Europe, et d’autres pays encore, chacun doit avoir conscience de la réalité : nous avons vécu pendant des années au-dessus de nos moyens et cela ne pourra pas continuer. Il faut s’adapter et se concentrer sur ce qu’il y a de positif : par exemple, consommer moins permettra d’assurer un développement durable. Ensemble, nous pouvons y parvenir.

 

Assainir les finances de l’Etat : une priorité de François Bayrou, reprise par Nicolas Sarkozy

Tout d’abord, j’aimerais formuler une observation préliminaire : un budget à l’équilibre n’est pas de l’austérité, ce n’est pas non plus privatiser les fonctions de l’Etat, c’est juste de la bonne gestion ! Aujourd’hui, l’impôt sur le revenu sert presque exclusivement à payer les intérêts de la dette !

Nous vivons dans un Etat de droit. L’Etat peut-il se comporter comme si les règles ne s’appliquaient pas à lui ? Un budget de l’Etat à l’équilibre, c’est aussi respecter les citoyens, en évitant de faire peser sur eux des coûts trop élevés liés à la dette, voire au risque de défaut. Et c’est aussi tenir compte des générations futures, qui devront rembourser la dette accumulée aujourd’hui avec leurs impôts… sauf si l’Etat fait faillite (avec les conséquences dramatiques que cela aurait pour la France et les Français).

Nicolas Sarkozy s’est engagé à revenir à l’équilibre budgétaire en 2016. Cela sera peut-être difficile, l’avenir nous le dira.

Je note que son engagement s’exerce aussi au niveau européen, par le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) au sein de l’Union Economique et Monétaire (la zone €).

Il lui faudra trouver un équilibre entre réduction de dépenses et hausses de recettes. Certaines pistes ont été avancées, par exemple transférer une partie du coût du travail vers la TVA (ce qui est censé augmenter l’emploi, donc les rentrées fiscales, et aussi faire contribuer davantage les importations au financement de notre système de protection sociale). En revanche, je ne crois pas à l’absence d’augmentation d’impôt. J’attends donc davantage de précisions sur les modalités de réduction de la dette française. Pour autant, le programme de Nicolas Sarkozy me paraît quand même plus crédible que celui de François Hollande, qui propose un train de nouvelles dépenses alors qu’il faut, au contraire, les réduire. Ce n’est pas en taxant les « riches » que le déficit public sera résorbé ; l’affirmer serait du pur populisme. Il faut plus de justice fiscale, mais il faut aussi être honnête et annoncer que chacun devra faire des efforts, que chacun devra contribuer à la réduction de l’endettement public.

 

Crédibilité et lucidité

Nous sommes dans une situation particulièrement difficile. Au cours du quinquennat de Nicolas Sarkozy, la France a mieux résisté que plusieurs autres pays : le chômage n’a pas explosé et la récession a été moins forte qu’ailleurs. De plus, Nicolas Sarkozy a l’avantage d’être déjà pleinement impliqué dans le gouvernement de la France.

Nicolas Sarkozy est aussi le candidat qui dispose du programme le plus crédible. Il ne promet pas de multiples nouvelles dépenses alors qu’il faut réaliser des économies, il met en avant la responsabilité individuelle, les droits et les devoirs. Il demande à chacun de faire un effort.

A l’inverse, la gauche ne me paraît pas à la hauteur des enjeux. S’en remettre une fois encore à l’Etat, en espérant qu’il fera des miracles, est une vieille solution qui ne peut pas fonctionner dans le contexte économique actuel. Les mesures symboliques destinées à satisfaire les partisans de Jean-Luc Mélenchon, pour créer une unité de façade à gauche, ne résoudront pas les problèmes, loin de là.

Enfin, je soulignerai que l’anti-sarkozysme n’est pas un programme. Nous ne votons pas pour ou contre une personne ou un style de présidence, nous votons pour déterminer notre destin au cours des cinq années à venir. Ne nous trompons pas d’enjeu !

Pierre-Antoine KLETHI

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10 réflexions sur “Présidentielle 2012 : pour un ralliement des centristes à Nicolas Sarkozy

  1. L’anti-sarkozysme n’est pas un programme malheureusement mais rien qu’à cause de son arrogance et de ses innombrables abus, il a beau avoir plus d’expérience que son adversaire, mon vote sera soit blanc soit PS
    http://www.cequadefaitsarko.fr/17/si-je-suis-elu–je-ferai-voter-des-2007-une-loi-qui-interdira-la-pratique-detestable-des-golden-parachutes
    J’ai de plus beaucoup de mal avec sa politique d’insécurité calquée sur les Etats-Unis, la France a depuis longtemps besoin d’un Ministère propre à l’immigration et de l’intégration et d’une politique sociale juste. Ce n’est malheureusement pas en achetant plus de gilets par balle au policier que l’on résoudra l’insécurité. Pour finir Nicolas accorde trop d’importance à la famille et au travail qui viennent empiéter sur l’égalité et la justice, je ne dis pas que c’est chose aisée de concilier les deux mais être contre l’égalitarisme et pour la méritocratie ça ne concorde pas avec les valeurs de la France.
    http://www.evene.fr/citation/contre-egalitarisme-assistanat-nivellement-merite-juste-recompe-78182.php
    Cependant, je te remercie pour ton article Pierre-Anthony car je l’ai trouvé neutre, objectif et réfléchi. Si Hollande passe, je suis quasiment sûr qu’il pourra compter sur le soutien de ceux qui l’ont déjà appuyé au premier tour mais difficile d’envisager les 5 prochaines années sereinement.

    • Bonsoir Bruno,

      Merci pour ton commentaire.
      Je regrette que, malgré les arguments que j’avance, tu ne veuilles pas voter pour Nicolas Sarkozy uniquement en raison de sa personne. Il y a eu des abus, et je les dénonce. Seulement, le camp d’en face n’est pas plus “propre” (ne serait-ce que les affaires Guérini et autres, qui secouent le PS).
      Par ailleurs, nous votons pour un programme, pour la politique de la France au cours des 5 ans à venir. Se focaliser uniquement sur la personnalité du candidat, c’est, je le crains, se tromper d’enjeu, avec le risque de lourdes conséquences…

      Je suis également tout à fait d’accord, quand tu annonces qu’il est difficile d’envisager sereinement les 5 prochaines années. La France est divisée, l’unité du peuple français est, plus que jamais, un mythe… Et Hollande ne se comporte absolument pas comme un rassembleur. Je renvoie, par exemple, à ses déclarations selon lesquelles il ne prendra dans son gouvernement que des personnes qui n’ont pas voté Nicolas Sarkozy… drôle de sens de l’unité nationale, en ces temps difficiles !

      Par contre, je peine à saisir ce que tu souhaites exprimer dans ton second paragraphe, quand tu dis qu’être pour la méritocratie et contre l’égalitarisme ne concorde pas avec les valeurs de la France…
      Au contraire ! La méritocratie répond bien mieux que l’égalitarisme à notre idéal de justice. Il faut aider ceux qui peinent, ceux qui connaissent davantage de difficultés. C’est le principe de l’Etat providence, par exemple. Mais l’égalité à tout prix n’est pas la justice. D’ailleurs, je préfère nettement le concept d’équité…

      Quant à la famille, j’estime qu’elle est la base de l’identité individuelle. Beaucoup trop de souffrances sont engendrées par des familles déchirées et recomposées au gré des aléas de la vie. La famille doit être le lieu où l’enfant est entouré, protégé, aimé. Elle doit être un noyau dur, une sorte de “camp de base” à partir duquel l’enfant découvre le monde. Il ne s’agit pas de revenir à “Travail, famille, patrie”, mais la famille est, pour moi, quelque chose de très important.

      Enfin, en ce qui concerne la sécurité, je suis d’accord avec toi : une politique uniquement répressive ne peut pas réussir. Il faut aussi instaurer des sanctions pédagogiques, notamment pour les mineurs délinquants, au moins lorsqu’il s’agit d’atteintes aux biens (vols, dégradations). Lorsqu’il s’agit d’atteintes aux personnes, en revanche, je suis partisan d’une assez grande fermeté dans quasiment tous les cas.

      Bonne soirée !

      Pierre-Antoine KLETHI

  2. Oui maintenant que l’on a devant nous l’éternel duel gauche contre droite, l’unité du peuple apparaît dorénavant comme un mythe. J’espère que mon jugement n’est pas biaisé par la mauvaise image que j’ai de Nicolas Sarkozy mais, plus que son image, c’est sa politique que j’ai du mal à cerner car si Hollande manque de prestance et ne fait pas vraiment office de rassembleur, je trouve que de son côté, Sarkozy a créé beaucoup de tensions sinon de division entre autochtones et immigrés, classes pauvres et classes riches ou encore entre travailleurs et chercheurs d’emploi. Or pour traverser une crise on a besoin de l’unité que prônait si bien Bayrou, et même si Hollande n’est peut-être pas le mieux placé, François Bayrou a beaucoup reproché à Nicolas Sarkozy sa politique de division.

    Ensuite entre méritocratie et égalitarisme, notre société est tellement complexe que je ne m’avancerai pas à dire qu’un système égalitariste donnera de meilleurs résultats que la politique du mérite mais c’est sûrement là que nos avis divergent, car mon sentiment général à propos de la politique de ces 5 dernières années est que l’on a accordé trop d’importance au mérite et pas assez à l’égalité des chances. Cependant, je dois avouer qu’il est difficile d’arriver à l’égalité des chances quand on a un système en bout de course et que le nombre d’emploi créés n’est pas à la hauteur du nombre de demandeurs d’emploi. Une grande partie de l’avenir de la France se joue donc sur notre politique de l’emploi et je regrette que, devant les enjeux environnementaux, sociétaux et économiques, le gouvernement Sarkozy n’ait pas accordé un peu plus d’importance au Grenelle de l’environnement qui a été étudié et rédigé par des spécialistes, je croyais beaucoup en l’emploi vert et j’y crois toujours mais l’Etat ne s’est pas vraiment investi et a préféré rester passif.

    Ensuite taxer les riches n’a pas, pour moi, l’objectif de stigmatiser les plus riches mais de rééquilibrer la balance qui a trop penché vers eux ces 5 dernières années, créant des inégalités sociales et un sentiment d’injustice, néfaste pour notre société. Un peuple qui se sent spolié n’est pas un peuple qui aura envie de se donner du mal pour faire avancer son pays et je pense que c’est bien plus mauvais pour notre économie qu’un riche spolié qui a certes plus de responsabilités mais qui restera un riche quoi qu’il en coûte et jusqu’à présent on ne les entend pas se plaindre autant que les classes pauvres et moyennes. Je trouve cependant que l’instauration d’un salaire maximum comme le préconisait Mélenchon serait une meilleure chose qu’une énième taxe qui ne sont pas vues d’un bon oeil.

    En ce qui concerne la famille, j’y accorde aussi beaucoup d’importance et qui n’en accorde pas ? Mais je dois t’avouer que depuis mon diplôme en 2009 cela fait 3 ans que je vis avec ma fiancée chez ma belle-mère et je n’ai toujours pas eu l’opportunité de m’installer avec elle pour fonder des projets de famille. On reproche de plus à la politique actuelle d’aider surtout les familles nombreuses et cela a d’ailleurs occasionné son lot d’effets pervers dont celui de certaines familles qui touchent assez d’aides de par leur nombre d’enfant pour ne pas se sentir le besoin de travailler. De ce fait, je ne suis pas sûr que ces 5 dernières années ont renforcé les familles ou ont incité à en créer. Mais j’ai peut-être un avis assez réducteur sur la question.

    Après on en revient toujours à l’éternelle question, est-ce que la gauche aurait fait mieux et pourra faire mieux ? Quand on voit l’affaire Karachi on se demande même si ce n’est pas la gauche qui aurait dû nous gouverner ces 5 dernières années, bien entendu Hollande a aussi d’affaires pas claires mais j’espère que s’il passe il respectera ses promesses sur la suppression de l’immunité concernant les faits antérieurs au mandat…mais bon des promesses…

    Voyons ce que donne le débat de demain ! Si je vote blanc c’est aussi car je pense que choisir en UMP et PS est un choix extrêmement difficile mais je souhaite comme tout le monde faire le bon choix.

  3. Pierre-Antoine KLETHI :
    Je crains qu’au cours d’une campagne électorale, il ne soit inévitable d’aboutir à des divisions, sauf dans des cas particuliers (je pense à l’alliance républicaine, au 2nd tour de la présidentielle de 2002). C’est normal, puisque chaque candidat s’adresse prioritairement à son socle électoral.
    Cela dit, cette année, le phénomène de division est effectivement particulièrement fort. Cela est dû à l’attitude des deux candidats. Nicolas Sarkozy n’est pas exempt de reproches, loin de là. Mais François Hollande n’est pas plus rassembleur (cf. ses déclarations sur les “riches” ou sur le fait que son gouvernement ne comportera aucune personne ayant voté Sarkozy !).
    Tu as tout à fait raison de prôner l’unité. Je trouve d’ailleurs extrêmement dommage qu’une grande coalition UMP-PS soit impossible en France, alors qu’en Allemagne, par exemple, la CDU et la SPD parviennent à gouverner ensemble, quand cela est nécessaire.

    Tu dis que l’on a accordé une trop grande importance au mérite ces 5 dernières années. Je n’en suis pas si sûr…
    Quant à l’égalité des chances, ce n’est pas l’égalitarisme, c’est l’équité ! Elle permet de corriger les excès de la méritocratie absolue (que je ne défends pas non plus), mais en aucun cas, l’égalité des chances ne suppose que tout le monde soit tout le temps à égalité. Bref, l’égalité des chances ne s’oppose pas au mérite.

    Quant à la question de l’environnement est d’une importance vitale. Pas seulement pour des raisons d’emploi (effectivement, l’on pourrait créer une filière d’excellence), mais pour des questions de développement durable et de maintien de notre niveau de vie à un niveau proche d’aujourd’hui. Moi aussi, j’ai beaucoup regretté le quasi abandon des engagements du Grenelle de l’Environnement.

    En ce qui concerne la taxation des plus riches, je suis évidemment d’accord que c’est une question de justice fiscale. Une réforme fiscale de grande ampleur est nécessaire, et les propositions de réforme socialiste vont dans le bon sens (à part l’aspect démagogique du taux marginal à 75% pour les revenus au-dessus d’un million d’€). Mais il faut être conscient que l’on ne résoudra pas les problèmes de la dette et de la compétitivité de l’économie française en taxant les “riches” et les banques.
    L’idée d’un salaire maximum ne me plaît pas. C’est une ingérence trop importante dans la vie des entreprises. En revanche, il faudrait que les dirigeants des entreprises (précisons que nous parlons des plus grosses entreprises ; les dirigeants des PME, c.à.d. de la majorité des entreprises, ne sont absolument pas concernés !) aient un sens de l’éthique suffisamment développé pour autolimiter leur rémunération. Je suis convaincu que c’est par l’éthique que nous recréerons la cohésion sociale.

    Au sujet de la famille, au vu de ta situation telle que tu me la décris, il faudrait plutôt davantage aider les familles et les jeunes couples, plutôt que moins, non ?
    Bon, sur la question des familles dont les parents ont tellement d’enfants qu’ils touchent suffisamment d’aides pour ne pas aller travailler, permets-moi d’exprimer quelques doutes… Et même si ces cas existent, il faut être conscient qu’ils ne doivent pas rouler sur l’or. Parce que pour cumuler suffisamment d’aides, il faut beaucoup d’enfants, donc ils ont quand même aussi des dépenses courantes mensuelles assez élevées.

    Sur la question de savoir si la gauche aurait fait mieux ces 5 dernières années, je tendrais à répondre “non”. Premièrement, la campagne de 2007 a révélé clairement la supériorité de Nicolas Sarkozy par rapport à Ségolène Royal. Et deuxièmement, la France serait allée politiquement à contre-courant de nombreux pays développés, ce qui n’aurait pas été couronné de succès, si on se rappelle 1983 et le tournant de la rigueur de Mitterrand.

    Voilà ! Bon débat pour ce soir, parce qu’il devrait être très intéressant et, je pense, très important, voire déterminant, pour dimanche !

  4. Oui dommage que l’on ne puisse pas voir naître en France une coalition UMP-PS.

    Le fait de taxer les plus riches et de demander par la même occasion aux hommes du gouvernement de faire un effort sur leur salaire et leurs multiples avantages n’a pas pour but de résorber la dette ou la crise mais de donner un message de compréhension et de respect vis-à-vis du peuple qui se sentira sûrement un peu moins ignoré par notre caste politique (désolé pour le terme). Ce sera à mon avis bénéfique pour le moral des classes pauvres et moyennes et donc sûrement pour la compétitivité de la France ainsi que pour l’image qu’elle donne hors de ses frontières. Peut-être que je suis trop simpliste et naïf…

    Concernant l’égalitarisme, ce n’est pas forcément équitable comme tu dis, mais si on en tenait un peu plus compte dans notre politique penses-tu que l’on en serait arriver à de telles inégalités ? Prôner un égalitarisme excessif nous empêcherait certes d’avancer et d’être compétitif mais je ne pense pas qu’en user à bon escient aurait été un mal pour notre société. Après je ne sais pas ce qu’on pourrait entendre par en user à bon escient et évidemment c’est toujours mieux si, comme tu dis, les personnes en question se remettent elles-mêmes en question et décident d’accorder plus d’importance à leur l’éthique cependant certaines études de recherche montrent que la richesse conduit à perdre notre sens moral mais ne perdons pas espoir 🙂
    http://www.slate.fr/lien/50743/riches-comportement-morale-ethique

    Concernant le fait que les familles nombreuses profitant des aides ne doivent pas rouler sur l’or alors explique-moi pourquoi provoquer tant de haine en parlant d’assistanat ? À croire que c’est un choix de vie et qu’ils sont à envier…En attendant il faudrait souligner qu’il n’ont pas trouvé leur place dans la société, qu’ils ne peuvent pas cotiser pas pour leur retraite et ne peuvent encore moins épargner pour construire des projets d’avenir…Cette utilisation du mot « assistanat » me débecte et ne fait que créer des tensions supplémentaire dans notre pays, notamment entre RSA et exploités (travailler plus) alors que les personnes au RSA sont quand même plus à plaindre je pense. À croire que Sarkozy détourne la colère que certains ont envers les riches vers les pauvres qui n’ont même pas de travail…ça me rappelle une citation de Malcolm X : « Si vous n’êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment ».

    Merci pour tes réponses et bon débat ! Même si j’accorde un peu plus d’importance aux valeurs qu’au programme, je pense que ce débat sera instructif.
    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/08/pour-bayrou-sarkozy-incarne-la-division-hollande-l-illusion_1655103_1471069.html

  5. Oui, taxer les plus riches et réduire les avantages des élus mettrait sans doute du baume au cœur des plus défavorisés. Mais ce ne serait que transitoire, car ce n’est pas ainsi que les pauvres deviendront riches. Au fond, comme l’a très bien dit Nicolas Sarkozy hier soir à François Hollande : « Vous voulez moins de riches, moi je veux moins de pauvres. »
    Il faut, bien sûr, demander aux plus fortunés de participer à l’effort collectif à la hauteur de leurs possibilités. Mais prendre les riches comme bouc-émissaires n’est pas la solution et, contrairement à ce que tu écris, je ne pense pas que cela améliorera l’image de la France à l’étranger, au contraire…

    Oui, on devrait tendre vers une société où les inégalités sont moins fortes. Reste à trouver la bonne méthode pour y parvenir. Un égalitarisme forcé par l’Etat, sans impliquer les personnes concernées, ne fonctionnera pas. Il faut vraiment que les personnes avec des revenus trop élevés prennent aussi conscience, elles-mêmes, de la situation.
    Je viens de lire l’article de Slate que tu m’as recommandé… Je trouve cela quelque peu exagéré… En ce qui concerne le comportement en voiture, il y a d’autres facteurs que l’argent ! Et les autres exemples ne me paraissent pas forcément concluants non plus.

    Je ne parlerais pas de haine, au sujet de l’assistanat. La « condamnation » de l’assistanat par Nicolas Sarkozy, c’est simplement exprimer le fait qu’il ne doit pas y avoir de droits sans de devoirs, sans de contreparties. En effet, si la communauté vient à mon secours, il faut que je lui rende quelque chose en échange, sinon, ceux qui aident finissent par se sentir les dindons de la farce (même s’ils sont plus chanceux, p. ex. parce qu’ils ont un travail)…

    Pour finir, sur le rôle des médias, lorsque j’ai lu les analyses de la majeure partie de la presse française, je me suis rendu compte, une fois de plus, à quel point notre presse n’avait pas de déontologie. Ils ont vu un « Hollande présidentiel », calme et serein, qui aurait marqué des points face à Sarkozy… On dirait qu’ils n’ont pas vu le même débat que moi !
    Sur le débat, nous allons publier un article sur le blog encore aujourd’hui.

  6. Oui le lien vers l’article comparant richesse et morale ne sera pas à prendre trop au sérieux tant qu’on n’aura pas lu l’étude complète (…en anglais…) mais je pense quand même que moins on est confronté à la misère de la société, moins on est altruiste dans le sens où on se forge notre opinion du monde par rapport aux gens que l’on cotoie…Au contraire, ceux qui sont confrontés à la misère sont rappelés à l’humilité, la compassion et à l’altruisme et cette confrontation reste rare chez la personne aisée mais bon cette discussion se rapporte plus à un débat philosophique 😉

    Concernant le débat, je ne l’ai pas vraiment aimé, les vingt premières minutes ont servi aux règlements de comptes des deux candidats avec un Hollande que j’ai trouvé immature, impertinent mais il devait savoir qu’il ne fallait pas qu’il reste passif, ça lui a évité d’être dominé sûrement mais ça ne lui a pas donné une quelconque présidentiabilité. Quant aux 5 ans de présidence de Nicolas, elles le donnait favori mais il ne l’a pas tant été et n’a pas vraiment sorti son épingle du jeu et a dû faire face aux nombreuses actions répréhensibles de son mandat où il a, je pense, voulu se donner les pleins pouvoirs.

    Par ailleurs, je te laisse un lien vers un résumé de « Abus de pouvoir » de Bayrou instructif et révélateur des pensées de Bayrou que je partage dans leur grande majorité et forme en grande partie la raison pour laquelle je ne souhaite pas voter pour Sarkozy et pour laquelle Bayrou a choisi de voter historiquement Hollande :
    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/abus-de-pouvoir-francois-bayrou-55504
    Ici une autre version qui expliquerait son vote pour Hollande :
    http://www.wat.tv/video/bayrou-qui-votera-hollande-50mfv_2exyh_.html

    • Oui, effectivement, on peut considérer que plus on est loin des personnes dans le besoin, moins on comprend la difficulté de leur situation. Je m’en rends compte aussi, parfois, en ce qui me concerne moi-même…
      Cela dit, il peut y avoir des exceptions : Bill Gates, Warren Buffet, etc. La richesse peut servir à créer des fondations, à soutenir des causes caritatives. On revient donc à la question d’éthique individuelle…

      Bayrou a choisi Hollande aussi pour des questions de « moralité », de style, effectivement. Cependant, il a aussi effectué un calcul politicien, en misant sur une recomposition de la droite pour prendre le leadership du centre. Mais en choisissant Hollande, il vient de se couper du centre… C’était une erreur. Par ailleurs, sur l’un des piliers de sa campagne – la réduction de la dette et l’équilibre budgétaire -, il est très éloigné des positions d’Hollande. Très honnêtement, d’un point de vue programmatique, avant le 1er tour, je pensais qu’il se rallierait à Sarkozy.

      Pour revenir quand même aux questions de « morale politique », certes, Nicolas Sarkozy est critiquable au sujet de plusieurs affaires ! Mais a-t-il fait pire que les autres ? La différence, c’est qu’il a instauré plus de transparence, donc ça se voyait. Mais si l’on repense aux quinquennats antérieurs, les exemples « d’affaires » abondent aussi !
      J’aurais tendance à reprocher à Bayrou de chercher à critiquer à tout prix Nicolas Sarkozy, même si, encore une fois, le Président n’est pas innocent de tout comportement incorrect,

  7. Je suis d’accord avec ce que tu dis et pour Bayrou de toutes façons il a été déçu des français qui n’ont pas cru en lui…ou plutôt qui ont suivi aveuglément le duel PS-UMP et FN-FdG dirais-je. Je pense donc que ce vote de Bayrou pour Hollande sans pour autant appeler à voter Hollande ni cautionner son programme et en quelque sorte un sacrifice pour éviter le choix du pire à la France car je considère que même si Nicolas a bâti une politique qui a porté des fruits, elle a éloigné la France de ses valeurs et je pense que 5 années de plus auraient été dangereuses pour la cohésion de la France…et d’un autre côté 5 années de Hollande c’est dangereux pour l’économie et donc pour l’état de santé de la France…Donc c’est un gros risque à prendre…beaucoup compte sur les appuis de Hollande pour l’aider à prendre les bonnes décisions. Ça va être très dur…D’autant plus que les réformes de Nicolas ne sont sûrement pas faites pour un gouvernement de gauche mais là je ne suis pas assez expert pour faire les corrélations.

    Bon vote, bonnes élections et bon week-end.

  8. Bon vote et bon WE à toi aussi !

    Dans une dernière tentative de te convaincre, je te poste le mail que j’ai envoyé à mes proches et à un certain nombre d’amis… 🙂

    « Chers proches, chers amis,

    Chaque voix compte ! Voter est non seulement un droit, mais aussi un devoir citoyen.

    Demain, dimanche 6 mai, nous n’élirons pas seulement le Président de la République pour les 5 prochaines années, mais nous déterminerons également la France que nous voulons dans 10 ou 20 ans. Aussi, notre choix doit-il dépendre d’un programme plutôt que d’une personnalité !

    La crise économique mondiale de 2008-2009, puis la crise de la dette, depuis 2010, ont mis notre pays dans une situation difficile. L’économie (croissance, emploi, équilibre des comptes publics, réduction de la dette, compétitivité) est notre priorité.

    Dans ce contexte, je vous appelle à voter pour NICOLAS SARKOZY, car son programme économique est bien plus crédible que celui de son adversaire socialiste. Je vous invite à découvrir mes arguments dans cet article : https://aucafedeleurope.wordpress.com/2012/05/03/financer-la-croissance-par-la-dette-la-grande-illusion-du-ps/
    Cette conviction a été confirmée lors du grand débat de mercredi soir, où Nicolas Sarkozy a été jugé plus convaincant sur la plupart des thèmes abordés, notamment l’économie.

    Enfin, si je vous invite à choisir Nicolas Sarkozy, ce n’est pas seulement pour son programme économique, mais aussi pour les valeurs traditionnellement portées par la droite et le centre, ainsi que pour retrouver la confiance en l’avenir (cf. https://aucafedeleurope.wordpress.com/2012/04/25/presidentielle-2012-pour-un-ralliement-des-centristes-a-nicolas-sarkozy/)

    Le premier quinquennat de Nicolas Sarkozy n’a pas été parfait, c’est certain ! Mais le Président dispose de l’expérience, de la volonté, du courage et de la crédibilité nécessaires pour aider notre pays à faire face aux défis du monde actuel, pour que la France reste forte.

    Demain sera un jour déterminant pour notre avenir.
    La France forte, c’est vous, c’est moi, c’est le Président Sarkozy.
    La France forte, c’est nous tous ensemble !

    Amitiés,

    Pierre-Antoine Klethi

    PS: N’hésitez pas à partager ce mail et / ou ces articles et le blog avec vos proches et amis. »

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