Économie et Finances

Innovation et changement climatique : inspirer une Europe de jeunes entrepreneurs !


EIT, KIC…. sont deux acronymes européens dont vous n’avez peut-être pas beaucoup entendus parler. EIT signifie European Institute of Technology et KIC signifie Knowledge Innovation Communities. Les KIC sont l’un des programmes de l’EIT dont le nom a un petit côté – c’est voulu – MIT. Vous devriez pouvoir trouver simplement plus d’informations générales sur ces programmes. Je voudrais pour ma part me focaliser ici sur l’une des KIC dont le thème est le changement climatique : Climate-Kic.
Comme indiqué sur la brochure du programme, sa vocation est d’accélérer et de stimuler l’innovation dans les secteurs de la mitigation et de l’adaptation au changement climatique en mettant en réseau de nombreux partenaires issus du privé, du public et du monde académique. Le programme repose sur trois piliers : l’éducation, l’innovation et l’entreprenariat et est présent dans plusieurs pays européens (5 principales collocations ainsi que des antennes régionales).

Je vais m’attarder sur la dimension que j’ai eu la chance, en tant qu’étudiant européen, d’expérimenter : l’éducation. Plusieurs mesures sont offertes aux étudiants participants : des cycles de conférences (SPARK), des bourses de stages et d’études, un programme doctoral et aussi une école d’été : The Journey. Pendant cinq semaines, quarante étudiants intéressés par cette thématique sont réunis pour un programme estival qui est l’occasion de rencontrer d’autres étudiants de nationalités et de spécialités différentes, de visiter des entreprises et des unités de recherche, d’écouter ce qu’ont à dire les meilleurs experts européens. Le tout est encadré par des coaches. Quatre de ces universités d’été on été organisées cette année allant par exemple de Paris à Londres et Berlin ou bien encore de Waganingen (Pays-Bas) à Zurich et Paris. Au delà de l’expérience d’apprentissage c’est aussi l’occasion de mettre en pratique. Les étudiants doivent en effet former de petites équipes et développer en quelques semaines un projet d’entreprise innovante, écrire un Business Plan et le présenter devant un jury.

Personnellement j’ai donc passé deux semaines aux Pays-Bas, deux semaines en Suisse et une semaine à Paris. Dans un groupe riche de 17 nationalités, d’ingénieurs, d’étudiants en sociologie ou en commerce, de doctorants et de jeunes diplômés j’ai rencontré de nombreux entrepreneurs, j’ai découvert des problématiques spécifiques comme la gestion de l’eau en Hollande et j’ai travaillé sur le business plan d’une société de design de meubles exclusivement à partir de matériaux recyclés. Ce n’est alors que la première étape vers l’entreprenariat. Le mot marquant d’une telle expérience est INSPIRATION. Il n’est pas évident d’avoir une bonne idée à partir de rien, il est loin d’être sûr que de chacun de ces projets d’études naîtra une entreprise. Mais je ne pense pas que cela soit en l’objectif final. L’objectif final est plutôt de faire découvrir un autre état d’esprit, de faire prendre conscience à des étudiants des ponts qu’il est possible de construire entre la recherche et l’entreprenariat. Inculquer en Europe cet état d’esprit de l’entrepreneur, faire comprendre que l’échec n’est pas si grave, que l’on peut tenter est le grand défit. Les gens que j’ai rencontrés le mois dernier restent avant tout des amis avec lesquels je partage une certaine vision, des rêves et des ambitions.

Toute la force de Climate Kic est de ne pas s’arrêter là et de maintenir les contacts, d’offrir une continuité dans l’accompagnement à chaque étape en proposant ensuite des programmes de pré-incubation et d’incubation. Il s’agit d’un exemple très clair d’investissement à long terme de l’UE. Cela demande beaucoup de moyens de faire travailler ensemble des étudiants issus des grandes universités européennes (Imperial College, ETH, Delft University, UPMC et Paristech, TU Berlin….). Même en étant tous européens on n’a pas les mêmes habitudes ni méthodes de travail. Il ne faut pas se voiler la face le chemin à parcourir est long. Mais c’est déjà très beau d’être capables de tous communiquer efficacement, d’envisager l’idée (et la garder derrière la tête) de créer des projets ensemble. Faire de l’Europe une terre de collaboration et d’entrepreneurs responsables est un grand et pertinent challenge. Cela peut-être l’une des pierres de l’identité commune d’une certaine partie de la population européenne même si d’un point de vue économique d’autres questions continuent de se poser (par exemple comment aider les start-up nombreuse en Europe à grandir ?).

Vivian Dépoues 

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