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Les Clés de l’UE : France-Allemagne, petit aperçu d’une longue amitié

Depuis avril 2004, la passerelle du Jardin des Deux Rives, conçue par l’architecte Mimram, enjambe le Rhin et relie la France et l’Allemagne. Grâce à elle, Strasbourg et Kehl se donnent la main. Toute blanche, légère au dessus des flots, tel un bateau prêt à hisser les voiles. Les promeneurs du parc transfrontalier peuvent aller, à pied ou en vélo, au gré de leur volonté, d’un pays à l’autre. Oubliée, la frontière ! Ici, le fleuve n’est plus une séparation entre deux inconnus méfiants – il est devenu un trait d’union.

L’amitié franco-allemande est un élément central de la paix sur le continent et de la construction européenne. Robert Schuman, ministre des affaires étrangères et père fondateur du projet européen, sait déjà qu’elle sera un ciment indispensable. Il déclare dans un discours de 1950 : « le rassemblement des nations européennes exige que l’opposition séculaire de la France et de l’Allemagne soit éliminée ». Le message est clair : pour que la construction européenne soit possible, la France et l’Allemagne, qui se sont affrontées si durement lors des deux guerres mondiales, doivent se réconcilier. Et aujourd’hui, tant d’années plus tard, le ministre français délégué aux affaires européennes Bernard Cazeneuve confirme qu’« il n’y a pas d’Europe sans axe franco-allemand ».

Le Traité de l’Élysée : symbole d’une amitié durable

C’est le Traité de l’Élysée, signé le 22 janvier 1963, par le chancelier allemand Konrad Adenauer et par le président français Charles De Gaulle, qui marque le début symbolique d’une amitié durable entre les deux principales puissances du continent européen. Ce traité prévoit surtout des rencontres régulières entre les personnalités politiques françaises et allemandes, que ce soient les chefs d’État, les ministres des Affaires étrangères, de la Défense ou encore de l’Éducation Nationale.

A l’occasion des 50 ans de ce traité, le France et l’Allemagne organisent ensemble une « année franco-allemande » de septembre 2012 à juillet 2013. Le 22 janvier 2013, le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel vont se retrouver à Berlin, ainsi que les parlementaires des deux pays, pour assister aux célébrations qui auront lieu dans la ville.

Le site web du Ministère des Affaires Étrangères français propose ce schéma, qui met évidence la profondeur du rapprochement franco-allemand que ce soit dans les domaines académique, économique, culturel ou dans la vie pratique.

La France et l’Allemagne, en vertu du Traité de l’Élisée, se sont particulièrement préoccupées de rapprocher leur jeunesse. Elles ont notamment créé l’Office Franco-Allemand à la Jeunesse (OFAJ). Il encourage l’apprentissage de l’allemand en France et du français en Allemagne. Il aide également les jeunes français et allemands à aller étudier, faire un stage ou réaliser un projet en France ou en Allemagne. A l’occasion des 50 ans de cette institution, le programme « 50 ans : 50 projets » a été lancé. L’objectif est de soutenir des projets particulièrement innovants, réalisés par des jeunes qui veulent construire l’avenir franco-allemand.

Un avenir commun ?

En février 2010, les deux amis ont parié sur un avenir commun en adoptant l’Agenda 2020. Selon le préambule de cet agenda : « La France et l’Allemagne partagent une même vision de leur avenir à l’horizon 2020 ». Pourtant, depuis son élection, Hollande affirme ses différences idéologiques. L’ère Merkosy, pendant laquelle la France et l’Allemagne avaient une position commune à chaque sommet européen, est bien finie. Hollande penche pour une pour grande solidarité entre les États alors que Merkel veut, quant à elle, régler la crise par la discipline budgétaire.

Mais ces différences ne brisent pas la relation privilégiée entre la France et l’Allemagne. Le président français a déclaré, en novembre « La chancelière et moi-même, nous avons une responsabilité commune, qui est de faire avancer l’Europe […]. Rien ne doit être fait pour affaiblir cette relation, pour que nous puissions, au-delà de nos différences -il y en a, je vous le confirme- trouver le bon compromis dans l’intérêt de l’Europe et de nos deux pays ». Faire des concessions, voilà le secret de toute amitié durable.

Élise Rengot

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2 réflexions sur “Les Clés de l’UE : France-Allemagne, petit aperçu d’une longue amitié

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