Économie et Finances/Fédéralisme/Identité, Culture et Échange

Réflexions sur la politique européenne en 2012

Chers lecteurs, alors que cette année s’achève, toute notre équipe vous adresse ses meilleurs vœux de paix, bonheur et succès pour 2013. C’est également l’occasion pour moi de regarder le chemin parcouru par l’UE tout au long de l’année, en particulier pour faire face à la crise qui touche notamment la zone euro.

Les « Cassandre » de l’économie ont eu tort

Les prévisions des « Cassandre » ont été démenties par les faits : l’euro existe toujours et vaut plus d’1,30 USD (davantage que l’an dernier, si je me rappelle bien…). Il semble donc qu’il s’agisse encore d’une monnaie solide. L’engagement de la BCE, par la voix de son Président, Mario Draghi, en juillet dernier, de faire tout ce qui sera nécessaire pour sauver l’euro a, bien sûr, bien contribué à cela. Cette situation montre aussi qu’une analyse purement économique ne suffit pas pour évaluer le futur de la monnaie unique ; il faut également une composante politique. En effet, la réalité est plus complexe que les théories économiques, telles que celle des zones monétaires optimales. L’euro est aussi un symbole politique, une réalisation concrète de l’UE perceptible dans la vie quotidienne des citoyens.

Une crise politique

Cela ne signifie pas que la politique est au-dessus des règles de l’économie ! Et cela me mène au second aspect de la crise qui secoue l’Europe : une crise politique. A mes yeux, et sans nier la puissante montée des taux de chômages et de pauvreté, la crise est même davantage politique qu’économique.

Cette année, nous avons assisté à une multitude de sommets prétendument « décisifs », dont les résultats ont souvent été décevants. Pour autant, des progrès ont été réalisés, avec l’adoption d’une discipline budgétaire plus stricte (le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance de l’Union Économique et Monétaire, plus connu sous l’appellation « fiscal compact », non signé par le Royaume-Uni et la République Tchèque), des mécanismes de solidarité renforcés (le Mécanisme Européen de Stabilité sera permanent, mais sa faiblesse réside dans le fait qu’il ne pourrait pas faire face à l’insolvabilité d’un grand pays), des plans pour créer une union bancaire (dont les modalités font l’objet de négociations ardues) et, enfin, l’engagement de plusieurs leaders européens en faveur d’une intégration économique et politique, au moins au sein de la zone euro. La politique doit reprendre la main et inspirer à nouveau confiance. Pour réussir, il faut fixer un cap, des objectifs clairs. Pour moi, ce doit être une Europe fédérale.

Le repli sur soi : danger d’une société en crise

Être clair et digne de confiance devrait également aider à faire face à la percée inquiétante des populismes, qui reposent sur des mensonges simplificateurs, sont déconnectés de la réalité et n’offrent aucune solution aux vrais problèmes auxquels nous sommes confrontés. Se replier sur soi n’est, en effet, pas une solution.

Cela me permet d’ailleurs d’introduire la troisième crise de l’Europe : une crise de société. Dans l’Histoire, toute civilisation qui s’est repliée sur elle-même – par exemple les Arabes au Moyen-Âge ou les Chinois au XVIIème siècle – a décliné. De plus, le monde d’aujourd’hui est caractérisé par des interdépendances à l’échelle mondiale et doit faire face à des problèmes globaux tels que la pollution et le réchauffement climatique, le terrorisme, les « failed States », les guerres, la répartition inégale des ressources naturelles, etc.

L’Union et l’ouverture font la force

Dans ce monde, les États-Nations européens sont trop petits pour peser sur la scène globale : la France et le Royaume-Uni demeurent des puissances militaires moyennes grâce à la bombe atomique et leur capacité de projection de troupes, l’Allemagne est une puissance économique… mais aucun ne possède tous les attributs d’une grande puissance mondiale. En outre, la situation démographique en Europe requiert des frontières ouvertes, même s’il est normal de réguler l’immigration. En somme, la mondialisation doit être vue comme une chance à saisir plutôt qu’une menace, sans pour autant renoncer à en réguler les abus.

Ma conviction et conclusion sur ce point est que si chacun faisait preuve d’ouverture à l’égard des autres, respectait davantage leur culture, essayait de mieux les connaître, nos sociétés iraient beaucoup mieux. Cette attitude n’est pas toujours évidente, mais je préfère être optimiste…
Encore une fois, recevez nos meilleurs vœux!

Pierre-Antoine KLETHI

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