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Les Clés de l’UE : Croatie – portrait du « vingt-huitième »

NOUVEAU PAS VERS L'ADHÉSION DE LA CROATIE À L'UE
Le 1er juillet 2013, la Croatie va entrer dans l’Union européenne. C’est l’occasion de mieux faire connaissance avec ce futur vingt-huitième Etat membre. Ce petit pays d’Europe de l’est de 4,2 millions d’habitants, situé sur la côte de la mer adriatique, au cœur des Balkans, ressemble à un fer à cheval. Pourtant, cela ne lui a pas porté chance. Son histoire est en effet bien mouvementée et marquée par des épisodes violents.

L’aspiration de la Croatie à rejoindre la construction européenne remonte aux années 90. Dès 1991, l’indépendance de la Croatie vis-à-vis de la Yougoslavie étant à peine proclamée, les croates demandent en masse à être « la treizième étoile de l’Europe ». Pourtant, le destin en va autrement. La Croatie sombre dans une guerre qui l’oppose à des milices constituées par la minorité serbe soutenue par l’armée de Yougoslavie. C’est à un conflit ethnique, généralisé à l’ensemble des Balkans, que la toute jeune Croatie doit faire face. Elle est minée par les violences qui perdurent jusqu’à la fin des années 1990, et qui font s’envoler les espoirs d’intégrer rapidement la Communauté Européenne.

En 2004, quelques années seulement après le retour de la paix, la Croatie devient officiellement candidate à l’entrée dans l’UE. La procédure est longue et complexe avant la signature, en décembre 2011, du traité rendant possible son entrée. La Croatie s’empresse alors d’organiser un référendum sur la question, en janvier 2012. C’est le « oui » qui l’emporte, à 66%. Si tout se passe comme prévu, la Croatie deviendra donc le « vingt-huitième », le 1er juillet 2013.

Entre boost économique, vie meilleure, aides sociales et ouverture à la concurrence

Pour ce petit pays, c’est un « rêve européen » qui se réalise enfin. Un rêve qui a surtout un aspect matériel. En effet, entrer dans l’UE, c’est pour lui l’occasion de bénéficier de plus de trois milliards d’euros de fonds européens, entre 2013 et 2015. C’est aussi l’espérance, pour la population, d’avoir une vie meilleure, des emplois et des aides sociales, dans un pays où le PIB par habitant est inférieur d’un tiers au PIB européen moyen. Cela se fera au prix de la santé économique des petites entreprises croates, qui ne résisteront probablement pas à la concurrence européenne.

Depuis 2009, la Croatie connaît une croissance nulle. Cependant, elle a des potentiels, et ne compte pas seulement sur les aides européennes pour re-booster son économie. Elle sait mettre en avant ses belles plages de cartes postales et a fait du tourisme une source de revenu essentielle. En 2012, elle a d’ailleurs réalisé un record, avec plus de 12,3 millions de visites ; un record qu’elle envisage de dépasser en 2013.

Des conditions : lutte contre la corruption, réformes de la justice et véto de la Slovénie

Le président de la République de Croatie, Ivo Josipovic, travaille en collaboration avec la Commission européenne pour préparer l’entrée effective de la Croatie dans l’UE. La Commission européenne a posé des conditions très exigeantes, auxquelles la Croatie s’est efforcée de se plier. Ainsi, les autorités croates se sont conformées aux injonctions du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie ; elles ont renforcé la lutte contre la corruption dans les hautes sphères de l’État et elles ont mis en place de nombreuses réformes dans le domaine de la justice, de la sécurité, de la liberté et des droits fondamentaux. Pourtant, en octobre 2012, la Commission a estimé que la Croatie n’était pas encore prête pour pouvoir appliquer entièrement les normes juridiques de l’UE. La Croatie a encore quelques mois pour pallier ce problème, qui pourrait, théoriquement, reporter à plus tard son adhésion effective.

Autre condition pour que la Croatie entre vraiment dans l’UE en juillet 2013 : il faut qu’aucun des 27 États membres ne pose de veto. Or la Croatie entretient des relations assez tendues avec la Slovénie (différend à propos des frontières maritimes et tensions autour d’une affaire bancaire, qui remontent à la guerre des Balkans), qui a menacé à plusieurs reprises la Croatie d’un veto. Cependant, un sommet bilatéral entre la Croatie et la Slovénie est prévu au cours du second semestre de l’année 2013, et l’on peut imaginer que c’est un signe d’apaisement des relations entre les deux pays.

Un certain nombre d’États attendent encore, dans la file d’attente de l’UE. L’Islande et la Turquie ont déjà entamé les négociations ; la Macédoine, le Monténégro et la Serbie ont le statut d’États candidats.

Elise Rengot.

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