États-membres

Une Italie incertaine

Le « Mouvement 5 Étoiles », lancé par Beppe Grillo : la surprise de ces élections ?

Ce dimanche et ce lundi, les Italiens se déplacent aux urnes pour renouveler la Chambre des députés et la Sénat, sur fond de crise économique, financière et même politique.

L’incertitude reste de mise quant à l’issue d’une campagne considérée comme molle, pour ne pas dire terne selon certains observateurs au point que l’hypothèse d’une Italie ingouvernable et sans majorité est de moins en moins hypothétique et donc de plus en plus crédible. Certes, le Partito Democratito (PD, centre-gauche) reste en tête dans les intentions de vote et son leader, Pierluigi Bersani, est assuré de devenir le prochain président du Conseil. Toutefois, si ce dernier est assuré d’avoir la majorité (absolue) à la Chambre des députés, il n’est en revanche pas certain d’être majoritaire au Sénat où rien n’est joué. Tout dépendra du résultat des élections en Lombardie, région la plus riche de la péninsule et surtout la plus stratégique politiquement parlant.

Une coalition du PD avec le Centre et une forte opposition de gauche ?

Qui plus est, le probable président du Conseil doit faire face à la remontée de Silvio Berlusconi (et de son allié, la Lega Nord (Ligue du Nord, populiste et extrémiste) dans les sondages mais aussi à celle de Beppe Grillo. Leader du mouvement « Cinque Stelle » (Cinq étoiles), l’humoriste et blogueur engagé est la grande révélation de la campagne. Avec environ 18% des intentions de vote, l’homme de 65 ans pourrait finalement créer la surprise et faire de son mouvement, la troisième voire seconde force politique d’Italie notamment au sein de la Chambre des députés. Un poids politique qui serait énorme pour cet humoriste qui se dit en dehors des partis traditionnels qu’il rejette et surtout critique violemment, incarnant ainsi une possible et forte opposition de gauche à Pierluigi Bersani dans les semaines et les mois à venir.

Face au succès à venir de Beppe Grillo, le chef de file du PD tente plutôt de rassurer tout en insistant sur la dérive populiste de l’humoriste génois, notamment vis-à-vis du centre et de Mario Monti. Crédité d’à peine 15% des suffrages, le Président du conseil sortant a peu de chances de se succéder à lui-même mais pourrait s’avérer un allié précieux pour la formation et le soutien du futur gouvernement. A ce titre, l’ancien Commissaire européen pourrait briguer la présidence du Sénat (ou bien encore devenir occuper le ministère de l’Économie et des Finances), en échange de son alliance avec Pierluigi Bersani et afin de donner à ce dernier les moyens de gouverner mais également de poursuivre (du moins partiellement), la politique économique et sociale qu’il a initié pour sortir la péninsule de la crise.

Une élection très attendue

Plongée dans une crise économique lancinante et minée par l’incertitude, l’Italie cherche donc un second souffle et surtout une nouvelle direction. A ce titre, bien que la gauche demeure favorite, elle sait qu’elle n’aura pas d’autres solutions que de poursuivre la stratégie de Mario Monti qui, selon certains économistes, commence à porter ses fruits malgré la récession caractérisée par une montée galopante et inquiétante du chômage. De ce fait, les résultats de dimanche et de lundi seront suivis à la loupe et surtout très commentés en Italie bien sûr mais aussi et surtout dans le reste de l’Union européenne, en raison tout particulièrement de la stabilité de la zone Euro, la péninsule étant la troisième économie.

A ce titre, beaucoup escomptent une victoire de Pierluigi Bersani, moins par affection et adhésion à ses idées mais plutôt par souci de voir l’Italie poursuivre sa stratégie de sortie de crise. En effet, une victoire sur le fil de Silvio Berlusconi ou même un excellent score de Beppe Grillo serait synonyme d’incertitudes, ce que la plupart des responsables politiques nationaux et européens cherchent à éviter à tout prix. Malgré tout, et quelque soit le vainqueur, l’Italie se cherche encore et sait qu’elle devra encore fournir des efforts à terme.

Gilles Johnson

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Une réflexion sur “Une Italie incertaine

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