Identité européenne/Le Citoyen

« Fraternité 2020  » : L’ICE qui veut rassembler les Européens !

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Dans le cadre de l’année européenne des citoyens en 2013, Au Café de l’Europe vous propose une semaine thématique consacrée à l’identité européenne. Aujourd’hui, nous vous présentons l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) Fraternité 2020. Pour mieux comprendre ses enjeux et réfléchir à la notion de citoyenneté européenne, nous avons sollicité Lucie Lechardoy, Membre  du Comité de citoyens de l’Initiative Citoyenne Européenne Fraternité 2020. 

Pauline Armandet : L’initiative : pour qui ? pour quoi ?

Lucie Lechardon : Fraternité est la toute première Initiative Citoyenne Européenne (ICE) déposée à ce jour et 12 seraient actuellement en cours de récolte de signatures. Lancée officiellement le 9 mai 2012, la collecte des signatures pour Fraternité 2020 ne s’est en réalité ouverte que le 26 octobre dernier, le temps que la Commission Européenne consente à créer une plateforme en ligne pour recueillir les signatures de façon fiable. Nous avons donc désormais jusqu’au 1er novembre 2013 pour atteindre un million de signatures.

Combien êtes-vous sur le projet ? Quel est votre rôle dans ce projet ?

Cette initiative a vu le jour lors de la Conférence de Cluny 2010 par l’initiative de jeunes européens se regroupant chaque année pour débattre de thématiques européennes et fonder des projets. L’un deux réalisait sa thèse sur l’espace public européen et il a ainsi mis l’accent sur le nouveau processus démocratique offert par l’Union Européenne depuis le Traité de Lisbonne de 2009: l’Initiative Citoyenne Européenne. Je n’étais pas là pour décider du nom de Fraternité 2020 mais toujours est-il que c’est le seul nom d’ICE en français, la plupart étant en anglais. Peut-être est-ce une référence au dernier terme de la devise nationale française…

Quels sont les objectifs de cette ICE ?

Cette ICE a 3 objectifs:

– 3% du budget 2014-2020 de l’UE devraient être consacrés aux programmes de mobilité (Erasmus, Leonardo da Vinci, Service Volontaire Européen), contre 1,6% prévus à ce jour

– des efforts devraient être faits pour améliorer l’apprentissage des langues et de la culture des pays hôtes

– les programmes de mobilités devraient bénéficier d’un meilleur contrôle et suivi, notamment pour fournir des statistiques plus précises et comparer leur évolution

Qui soutient votre initiative ?

Un comité de 7 citoyens originaires de 7 citoyens s’est constitué officiellement pour faire avaliser l’initiative par la Commission en premier lieu, et désormais nous sommes 54 à participer à la promotion de cette ICE, à raison d’environ 2 personnes par Etats membres.

J’ai personnellement rejoint le Comité fin décembre, et cherche dans un premier temps à faire connaître l’ICE au niveau régional, les ONG et personnalités du niveau local m’aidant ensuite à atteindre le niveau national.

Nous comptons presque 60 000 signatures à ce jour, et le soutien d’au moins 100 ONG (dont en France Europanova, l’Agence Europe Education Formation France, les Jeunes Européens France) et une cinquantaine d’eurodéputés (7 eurodéputés français dont Alain Lamassoure, Sandrine Bélier, Nathalie Griesbeck), quelques partis politiques européens, mais aussi d’autres personnalités du monde universitaire, sportif et culturel aussi diverses qu’un basketteur lithuanien ou un DJ de Bruxelles.

L’échéance pour voter cette initiative est le 1 er novembre 2013. A quel stade en êtes-vous pour le moment ? 

Nous avons donc recueilli environ 60 000 signatures pour le moment et avons jusqu’au 1er novembre pour atteindre le total d’un million. Une ICE doit donc récolter la signature d’un citoyen européen sur environ 500. Les principales difficultés sont la communication, puisque les membres du Comité sont tous étudiants, universitaires ou insérés dans la vie active et promeuvent Fraternité dans leur « temps libre ». La question de la langue est d’ailleurs cruciale, tous nos échanges de mails se font en anglais, mais il manque la possibilité de tous se retrouver physiquement parfois pour discuter plus simplement des stratégies de communication. D’autre part, nous avons décidé de ne pas avoir de budget propre, seule une fondation allemande nous finance pour les coûts incompressibles. De plus, la disparité des pays européens implique que l’accès aux médias n’est pas le même : ainsi une membre bulgare du Comité a réussi à passer au JT national le plus regardé, alors qu’en France la diffusion est plus difficile, tant les journalistes recherchent de l’évènementiel. Le Comité de Fraternité 2020 a également connu des difficultés techniques pour recueillir les signatures, vu que rien n’avait été prévu pour cela, si bien qu’il a dû plus ou moins forcer la Commission Européenne à créer un site prévu à cet effet, aujourd’hui basé au Luxembourg.

L’ICE  est-elle un processus efficace ou à perfectionner selon vous?

Aucune ICE n’a encore abouti à ce jour puisqu’aucune n’a encore atteint la date limite de récolte de signatures. Cependant nous avons ainsi déjà mis en avant les difficultés de la mise en place et de la promotion de Fraternité 2020, ce qui prouve que le lancement d’une ICE n’est pas chose aisée. Il faut que des citoyens européens de 7 pays européens arrivent à se rencontrer et à s’entendre pour proposer une ICE, ce qui nécessite déjà de communiquer dans une langue étrangère commune. L’ICE étant un processus nouveau, beaucoup de gens n’en ont jamais entendu parler et hésitent d’ailleurs à donner leurs informations personnelles lors de la signature en ligne. Ce système varie d’un pays à l’autre, mais il faut reconnaître que le français est le plus draconien en termes de contrôle d’identité. Enfin la Commission Européenne est également assez réticente à soutenir les ICE puisqu’elle y voit une atteinte à son droit d’initiative législative fomentée par le Parlement Européen.

L’ICE est donc perfectionnable, notamment en termes d’aides à la communication et à la collecte des signatures, car les perfectionnement ONG ou les riches entreprises sont ainsi avantagées.

Aujourd’hui, la notion d’identité européenne a-t-elle un sens selon vous ?

Le lancement de toutes ces ICE est cependant très positif en cette année 2013 de la citoyenneté européenne, puisque ce processus peut être considéré comme une grande avancée démocratique dans l’UE. Leur mise en place permet de rencontrer d’autres européens et de nouer des contacts avec la scène européenne locale. De plus Fraternité 2020 défend les programmes de mobilité, or ces «voyages forgent la jeunesse » européenne et leur permettent ainsi d’apprendre d’autres langues et se mêler à d’autres cultures européennes, constituant d’ailleurs un véritable atout pour la mobilité professionnelle ensuite.

Etant moi-même partie un an en Erasmus en Suède, c’est ainsi que je me suis réellement sentie européenne et me suis intéressée à ces questions, je pense donc qu’il faudrait offrir cette chance au maximum de personnes car c’est un réel facteur d’enrichissement de soi et d’intégration européenne.

Pour nous soutenir, vous pouvez donc signer en ligne suret diffuser l’information à vos proches et à vos eurodéputés !

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