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La France, l’UE et la transition énergétique

Le debat national sur la transition énergétique s'engage mal, quid de l'Europe ?

Le débat national sur la transition énergétique s’engage mal, quid de l’Europe ?

La France : cancre en matière de transition énergétique et de lutte contre le réchauffement climatique ?

C’est à cette question – un peu provocatrice – qu’ont répondu les participants à une conférence organisée le 30 avril par la Commission européenne et l’hebdomadaire L’Express. Le thème du défi du changement climatique a été lancé dans le cadre d’une grande consultation publique mise en place depuis fin mars dernier. Une conférence qui réunissait entre autres Anne Houtman, cheffe de la représentation de la Commission européenne en France, Daniel Bour, président de la Compagnie générale du solaire (CGS), Isabelle Delannoy, blogueuse et coscénariste du film de Yann Arthus-Bertrand « Home » et Aude Faravelli, blogueuse et membre de l’association « Les Cabris de l’Europe ».

Contrairement aux idées reçues, la France a une attitude ambivalente en matière de lutte contre le changement climatique et de transition énergétique, études d’opinion à l’appui. En effet, selon Guénaëlle Gault de l’institut TNS-SOFRES, le comportement des Français, mieux et davantage informés, a régulièrement et progressivement évolué, surtout depuis la crise où la question du changement climatique est désormais connectée avec celle de la qualité de vie. Un changement de comportement qui se traduit dans la vie de tous les jours et qui place la France dans la moyenne européenne des pays prenant en compte les défis du changement climatique et de la transition énergétique au sein de sa population, sans toutefois que les effets s’en fassent vraiment sentir au niveau gouvernemental.

Le développement durable fait les frais de pouvoirs publics timides et une industrie nucléaire corporatiste

Toutefois, si le comportement des Français semble évoluer, celui des pouvoirs publics reste à désirer. Pour Anne Houtman, la France n’a pas fait beaucoup en matière de politique énergétique. Même son de cloche pour Daniel Bour qui dénonce une France encore trop centralisée et des décideurs politiques frileux, frein majeur à une stratégie en matière d’énergie ambitieuse notamment en matière d’énergie solaire. En dépit de la voie tracée par le Grenelle de l’Environnement en 2008, la France, très attachée à sa politique nucléaire, semble connaître des résistances corporatistes qui la relèguent à un second plan en matière de développement durable par rapport au reste de l’Europe. Qui plus est, le Grenelle de l’Environnement ne fut qu’un moyen, selon Isabelle Delannoy, pour la France de rattraper son retard, répondant ainsi à des objectifs déjà ciblés par l’Union européenne.

L’UE unie sur la question de l’environnement, les responsables français en retard et la population en avance : des changements après les élections européennes de 2014 ?

Malgré tout, des avancées concrètes sont à noter aussi bien sur le plan européen que local. Tout d’abord, le sommet de Copenhague sur l’avenir du climat en 2009 a permis, en dépit de ses faibles résultats (Isabelle Delannoy parle à ce propos de « feuille blanche »), aux Vingt-Sept de parler d’une seule voix en proposant notamment des mesures concrètes en matière de réduction des gaz à effet de serre. Puis au niveau local, le Fonds social européen participe à certains projets de réinsertion sociale ou professionnelle prenant en compte la thématique du développement durable comme le souligne assez justement Aude Faravelli. Autant d’initiatives qui placent l’Union européenne en première place dans la lutte contre le changement climatique et pour la transition énergétique.

La France, véritable cancre donc ? Comme ont souligné les intervenants, si l’opinion publique est dans sa globalité prête à la transition énergétique et à changer ses habitudes, ce n’est pas encore le cas des responsables politiques. Or, pour Anne Houtman, si cette transition n’est pas réalisée, les coûts financiers comme humains sont beaucoup élevés. De fait, c’est un véritable changement de paradigme qu’il convient de faire au sein des pouvoirs publics et économiques qui peinent encore à se projeter en matière d’investissement et de développement durable, selon Daniel Bour. Le constat est d’autant plus étonnant que la transition énergétique pourrait s’avérer rentable politiquement et économiquement parlant, le président de CGS estimant qu’une centrale solaire coûte trois fois moins cher qu’il y a trois ans. De fait, les élections européennes mais également municipales du printemps 2014 devraient être l’occasion pour les responsables politiques de se saisir de la question du développement durable et de poser véritablement les vraies questions.

Gilles Johnson

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Une réflexion sur “La France, l’UE et la transition énergétique

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