Banque centrale européenne/Fédéralisme/Institutions de l'UE

Quel avenir économique et politique pour la zone Euro ?

Pierre Moscovici et  Martin Schultz

Pierre Moscovici, ministre français de l’économie et Martin Schultz, président du Parlement européen

Quelle intégration politique et économique pour la zone Euro ? C’est à cette question qu’ont répondu les différents intervenants le 25 mai dernier à l’occasion d’un colloque conjointement organisé par la Fondation Jean-Jaurès – think-tank proche du Parti socialiste – et la Fondation d’études européennes progressistes (FEPS) – think-tank proche du Parti socialiste européen (PSE) –, à la Bibliothèque nationale de France François Mitterrand à Paris.

Un besoin de stratégie sociale et politique commune pour contrer le délitement de la zone euro

Durant une journée, responsables et leaders politiques, analystes et économistes français et européens se sont interrogés sur le futur de la monnaie unique, dans un contexte dominé par une importante crise de confiance des citoyens vis-à-vis de la construction européenne. Pour Massimo d’Alema, ancien président social-démocrate du conseil italien et actuel président de la FEPS, la crise de la zone euro est également une crise politique en raison des choix opérés par les États-membres, notamment lors des négociations relatives au Traité de Maastricht instituant la monnaie unique mais également à cause de l’incapacité de ces mêmes États-membres à dessiner une stratégie claire. Un point de vue partagé et développé par Jean Pisani-Ferry, commissaire général à la Stratégie et à la Prospective qui considère qu’il y a un désaccord sur la façon dont on perçoit la crise en Europe. Des perceptions et des analyses contradictoires qui ont une incidence majeure sur la stratégie de l’Union européenne et de ses États-membres face à la crise de la monnaie unique.

Un New Deal européen, remède à la crise ?

Les idées et pistes en faveur d’une sortie de crise ne manquent pourtant pas selon certains participants, insistant pour la plupart sur une intégration politique plus approfondie et surtout plus volontaire. Pour Philip Arestis, professeur d’économie à l’Université de Cambridge, l’intégration politique est même une condition nécessaire (pour ne pas dire primordiale) pour que l’union monétaire que constitue la zone Euro soit un succès durable et surtout profitable aux citoyens. Pour Martin Schulz, présidentdu Parlement européen, la sortie de crise se trouve à l’échelle européenne et non plus nationale, ce qui suppose là aussi une intégration politique. Une intégration politique et économique qui pourrait passer une sorte de New Deal, selon l’expression utilisée par Ricardo Bellofiore, économiste italien, axé sur la croissance et l’emploi. A ce titre, Pervenche Berès, députée européenne, a rappelé certaines initiatives comme la garantie jeune pour l’emploi, actuellement mise en place dans certains pays membres de l’Union européenne et défendue par les socialistes européens mais n’est toujours pas mise en œuvre à l’échelle de l’UE faute de financements européens, malgré l’urgence de la situation notamment en ce qui concerne l’emploi des jeunes.

Réformer les institutions, une priorité qui risque attendre les élections européennes

Ainsi, les élections européennes doivent être l’occasion pour les socialistes et sociaux-démocrates européens, d’engager un débat de fond sur la crise et la stratégie à mener face à celle-ci, avec pour toile de fond, l’avenir de la zone euro et par extension celui de la construction européenne. De fait, une meilleure intégration européenne passe par un meilleur fonctionnement des institutions, comme une meilleure légitimité de l’Eurogroupe selon Pierre Moscovici, ministre français de l’Economie et des finances, prélude à la mise en place d’un gouvernement économique de la zone Euro. Mais également, un renforcement de la méthode communautaire pour Martin Schulz, sans oublier un meilleur rééquilibrage institutionnel (en faveur du Parlement) pour Gaétane Ricard-Nihoul, ancienne secrétaire générale de Notre Europe – Institut Jacques Delors, désormais à la Représentation de la Commission européenne en France.

Dès lors, la situation actuelle de la zone euro devient un problème politique et un thème central de campagne pour les prochaines Européennes. Une manière assez subtile pour les socialistes européens d’exposer leur point de vue pour mieux se démarquer des conservateurs et libéraux jugés comme responsables de l’aggravation de la crise. Reste à savoir si cette stratégie s’avérera payante, ce qui suppose de remettre le citoyen européen au centre du jeu.

Gilles Johnson

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