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Newsletter UE n°6

Dans cette nouvelle édition de notre lettre d’information hebdomadaire, nous discutons de la victoire d’Angela Merkel aux élections législatives fédérales allemandes, des initiatives visant à mobiliser les citoyens dans la perspective des prochaines élections européennes, des discussions avec l’Iran sur son programme nucléaire, et plus encore…

A la Une de la presse, lundi 23 septembre 2013. © Raisin Detre / Flickr

A la Une de la presse, lundi 23 septembre 2013.
© Raisin Detre / Flickr

Affaires intérieures

Elections fédérales législatives allemandes

Les élections législatives fédérales allemandes, très attendues, ont eu lieu dimanche 22 septembre. La CDU/CSU de la chancelière Angela Merkel a obtenu un de ses meilleurs résultats de son histoire, avec 41,5 % des voix, et a frôlé la majorité absolue des sièges au Bundestag. Le SPD (sociaux-démocrates) a légèrement amélioré sa part du vote par rapport à 2009, atteignant cette fois 25,7%. Les élections ont également été marquées par l’effondrement des libéraux : le FDP a obtenu 4,8%, sous le seuil des 5% nécessaires pour être représenté au Parlement. Le parti anti-euro Alternative für Deutschland a également échoué à entrer au Parlement, obtenant 4,9% des voix. Sur le côté gauche de l’échiquier politique, tant Die Linke (un parti né des ruines des communistes en Allemagne de l’Est) que les Verts ont perdu de l’influence par rapport à l’élection précédente : ils ont obtenu respectivement 8,6% et 8,4%.

Les conséquences sont importantes, car Mme Merkel a besoin de trouver un nouvel allié. En effet, le partenaire de coalition actuel, le FDP, est hors du Parlement, et en dépit du score brillant de la CDU/CSU, Mme Merkel n’a pas la majorité absolue. Une alliance SPD-Verts-Linke est mathématiquement possible, mais pas politiquement, de sorte que les deux coalitions plausibles sont CDU/CSU-SPD et CDU/CSU-Verts. Le SPD n’est pas très motivé pour participer à une autre « grande coalition » dirigée par Angela Merkel, ayant perdu beaucoup de votes en 2009 après une première expérience de ce type (2005-2009). En outre, la « grande coalition » aurait une majorité de près de 80% des sièges au Bundestag, réduisant ainsi l’opposition quasiment à l’impuissance. D’un autre côté, les relations entre la CDU/CSU et les Verts se sont détériorées au cours des derniers mois, et les résultats décevants des Verts ont déclenché une série de démissions au sein du parti. En outre, les deux partis de centre- gauche veulent consulter leurs bases respectives, qui pourraient être moins disposées à faire des compromis que certains dirigeants pragmatiques. Des discussions pour former une coalition devraient donc durer quelques semaines. Le Président du Parlement Européen, le socialiste allemand Martin Schulz, a félicité Angela Merkel pour sa victoire et a rappelé les principaux défis qui attendent le futur gouvernement et le Parlement européen : le chômage des jeunes, des programmes d’investissement intelligents, l’union bancaire et la taxe sur les transactions financières.

Sources: Spiegel, Tageschau, Die Zeit, BBC, Corriere della Sera, La Stampa, Le Monde, Parlement Européen, El País.

Remarque : Certains observateurs ont dit que la débâcle FDP était un signe d’avertissement adressé à Angela Merkel, mais cela est ridicule : depuis quand le leader d’un parti est-il responsable des mauvais résultats d’un autre parti, même si ce dernier est le partenaire de coalition ? Au contraire, les problèmes FDP étaient des auto-créés et les citoyens allemands ont donné un mandat clair à Angela Merkel et la CDU/CSU. Toutefois, elle devra faire des compromis sur certaines questions afin de construire une coalition stable. D’un point de vue démocratique, une alliance avec les Verts serait le meilleur choix – sinon, l’opposition serait marginalisée – mais Horst Seehofer, chef de la CSU, ne veut pas discuter avec les Verts. Aussi, une grande coalition est également possible, d’autant plus que le Bundesrat (l’autre Chambre du Parlement) a une majorité SPD. Les négociations pour former une coalition dureront certainement quelques semaines, mais le pragmatisme devrait permettre de former une coalition stable dans un laps de temps raisonnable. Après cela, le nouveau gouvernement et la nouvelle majorité parlementaire auront à traiter des questions nationales et européennes urgentes. Si découvrir le programme de la politique européenne des partis allemands vous intéresse, lisez notre article sur le sujet.

Economie

Quelques nouvelles économiques d’Europe

Les exportations italiennes vers les pays non membres de l’UE ont légèrement progressé tandis que les importations diminuaient, ce qui a permis à l’Italie de dégager un excédent commercial vis-à-vis des pays tiers. Par ailleurs, la confiance des consommateurs a atteint son plus haut niveau depuis deux ans. Cependant, des signaux alarmants concernant la compétitivité italienne et le déclin industriel proviennent d’un rapport européen. La désindustrialisation a lieu à l’un des rythmes les plus rapides parmi les Etats membres de l’UE, plus vite même qu’en Grèce, bien que d’autres pays soient également touchés par le problème. L’Espagne, qui est également confrontée aux conséquences dramatiques de la crise économique, est devenue plus productive grâce à des réformes plus audacieuses du marché du travail. Le rapport identifie en particulier les handicaps suivants pour les entreprises italiennes : les coûts élevés de l’énergie, la bureaucratie, la faiblesse des investissements dans la recherche et l’innovation, et les énormes difficultés pour accéder au financement.

Pendant ce temps, en Allemagne, il n’y a pas de déclin industriel à l’heure actuelle et l’indice Ifo qui mesure la confiance des chefs d’entreprises a légèrement augmenté, bien que de manière inférieure aux prévisions. L’indice GfK mesurant le climat de la consommation a également augmenté, fournissant un signe supplémentaire que l’économie allemande se redresse. Le climat des affaires s’est également amélioré en France, sauf dans le secteur industriel.

Sources: Corriere della Sera (balance commerciale, déclin industriel, index Ifo), Republicca, The Guardian.

Citoyenneté

Initiatives en perspective des élections européennes

Le Mouvement Européen France a récemment mentionné dans sa newsletter plusieurs initiatives prises par des mouvements et organisations de la société civile pour mobiliser les citoyens en perspective des élections européennes de 2014.

« http://www.myvote2014.eu/fr » vous aide à déterminer quels partis politiques européen et national sont les plus proches de vos positions sur la base des votes des eurodéputés au cours de la législature 2009-2014. Il offre également un jeu pour tester vos connaissances sur la politique européenne. Enfin, vous pouvez comparer les votes des députés avec ceux des utilisateurs du site sur 15 sujets. Le site a été mis en place par VoteWatchEurope avec plusieurs partenaires, dont la Ligue des jeunes électeurs.

« www.europeansnow.eu » milite en faveur une intégration européenne approfondie. Créé par Daniel Cohn-Bendit et Félix Marquardt, il se décrit comme un mouvement européen transnational, intergénérationnel, transpartisan et progressiste.

En France, le Mouvement européen et les fédéralistes européens de la jeunesse sont également actifs avec les campagnes « Objectif 25 Mai » et « Ton vote, ton Europe ».

Enfin, notons la campagne lancée par le Parlement européen avec le slogan « Agir, Réagir, Accomplir ».

Relations internationales

Diplomatie avec l’Iran

Catherine Ashton, la Haute Représentante de l’UE pour la politique étrangères et de sécurité, a rencontré le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, à New York. Après la réunion, Mme Ashton a déclaré que le dialogue avait été « constructif » et continuerait dans la semaine, lors de la réunion des E3 +3 (3 Etats membres de l’UE – France, Allemagne et Royaume-Uni – et les Etats-Unis, la Chine et la Russie) qu’elle présidera, puis en octobre, à Genève. Elle a salué « l’énergie et la détermination » du ministre iranien et a exprimé l’espoir de réaliser des progrès au cours des futures discussions sur le programme nucléaire de l’Iran. Le ministre des Affaires étrangères a également rencontré son homologue britannique, William Hague, pour discuter du programme nucléaire iranien et de la question syrienne et aussi d’un rétablissement progressif de relations diplomatiques complètes.

Le président iranien, Hassan Rohani, a récemment réaffirmé que l’Iran avait le droit au nucléaire civil mais « ne créerait jamais des armes nucléaires » et qu’il était prêt à rouvrir les discussions sur le programme nucléaire de son pays sans conditions. En échange de la reconnaissance ou les droits de l’Iran, il est prêt à une transparence totale en ce qui concerne le programme d’énergie nucléaire. Au cours de la session de l’Assemblée générale de l’ONU, M. Rohani a également rencontré François Hollande, le Président français. M. Hollande, dans son discours à l’Assemblée générale, a demandé des actes concrets de la part de l’Iran. Dans une interview avec le Washington Post, M. Rohani a exprimé l’espoir qu’un accord soit trouvé en quelques mois. Mohammad Khatami, ancien Président iranien et chef de file du mouvement réformiste, a exhorté les puissances occidentales à travailler avec M. Rohani, parlant d’une opportunité majeure pour relancer les initiatives diplomatiques et améliorer la situation au Moyen-Orient.

Sources: BBC (23.09, 26.09), Le Monde, The Guardian (Khatami, en direct depuis l’AG de l’ONU), SEAE (Service Européen d’Action Extérieure).

Industrie / Technologies / Business

Les obstacles à une participation accrue de Telefónica au capital de Telecom Italia

L’opérateur espagnol de télécommunications Telefónica a annoncé son intention d’augmenter sa part dans le capital de Telecom Italia. La prime sur le cours de bourse de l’action de lundi serait de 84,7%. Si la transaction réussit, la participation de Telefónica passera de 46,18% à 70% de Telco (une société créée par Telefónica et trois banques italiennes pour protéger Telecom Italia contre de potentielles OPA hostiles de la part d’opérateurs américains), qui détient elle-même 22,4% de Telecom Italia. Les actionnaires italiens ont été très déçus par les résultats financiers désastreux de Telecom Italia au cours des dernières années, et Telefónica souhaite contribuer à la stabilisation de l’opérateur italien. Telefónica aurait également une option d’achat de 100% du capital de Telco, et deviendrait alors le principal actionnaire de Telecom Italia.

Cependant, l’affaire fait face à un certain nombre de critiques et d’obstacles. Le Copasir italien (commission parlementaire sur la sécurité) a soulevé des risques pour la sécurité nationale si le réseau devait tomber entre les mains d’un opérateur étranger. Le ministre de l’Economie, Fabrizio Saccomani, a assuré que le gouvernement allait trouver une solution pour garder le contrôle du réseau. Enrico Letta, le chef du gouvernement, a également déclaré que les intérêts stratégiques italiens devraient être préservés dans cette affaire.

Les marchés ne sont pas enthousiastes non plus : la cotation de Telecom Italia ont même dû être suspendus pendant un certain temps en raison d’une chute excessive de la valeur des actions. A la fin de la journée, les actions avaient perdu 4,6% de leur valeur. Les syndicats ont également exprimé leurs craintes et demandé une réunion urgente avec le ministre compétent.

Enfin, des pays d’Amérique du Sud ont également soulevé des préoccupations au sujet de la préservation de la concurrence sur le marché des télécoms dans leurs pays. En effet, Telecom Italia possède TIM, le deuxième plus important opérateur au Brésil, tandis que Vivo est détenu par Telefónica. Le ministre des Communications a indiqué que si Telefónica devait posséder entièrement Telco, l’un des deux opérateurs brésiliens devrait être vendu. La vente éventuelle de TIM a causé une augmentation de près de 10% de son cours de bourse, mais le patron de Telecom Italia ne veut pas en entendre parler pour le moment, affirmant que TIM est une source très importante de revenus pour sa maison-mère italienne en difficulté.

Sources: Corriere della Sera, El País (le projet, Brésil, difficultés).

La semaine prochaine

Les ministres des Sports, d’une part, et les ministres de la Culture et de l’Audiovisuel, d’autre part, se réuniront les 1er et 2 octobre.

Et le 3 octobre aura lieu la « journée européenne de la concurrence » à Vilnius. Cet événement, qui a lieu tous les six mois, vise à diffuser la culture de la concurrence. Les intervenants, membres des autorités de la concurrence, d’organes judiciaires nationaux et européen, et issus d’autres origines encore, se réunissent pour partager leurs expériences sur la mise en œuvre du droit de la concurrence et sur ​​les évolutions possibles de la politique de la concurrence. Pour plus d’informations, cliquez ici.

Source : Présidence lituanienne du Conseil.

Pierre-Antoine KLETHI

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