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Appel aux modérés italiens

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Nous voici à nouveau face à une crise politique en Italie. Un spectacle qui n’est plus drôle, pas même de l’extérieur, car il se répète trop souvent, comme une chanson qui n’a que le refrain à offrir. Pourquoi se reproduit-il? Cette fois, la stabilité du gouvernement est remise en cause par Silvio Berlusconi, leader du centre-droit au cours des 20 dernières années, qui a ordonné aux ministres de son parti de se retirer du gouvernement. Par ailleurs, au cours de la semaine, les députés du PdL avaient déjà annoncé leur démission collective si M. Berlusconi perd son poste de sénateur lors d’un vote du Sénat le 4 octobre prochain.

Oui, Silvio Berlusconi a toujours une part importante du soutien populaire ! Oui, il a été le leader quasiment incontesté du centre-droit depuis vingt ans ! Oui, il s’est avéré le seul candidat de centre-droit capable de gagner les élections contre la gauche ! Oui, son leadership et ses talents de candidat en campagne sont impressionnants ! Oui, ses adversaires politiques comptent sur le pouvoir judiciaire de se débarrasser de lui parce qu’ils étaient incapables de le faire lors d’une élection ! Oui, le PdL a joué un rôle majeur pour permettre la construction du gouvernement Letta et était l’acteur le plus responsable après les élections prévues en février !

Mais maintenant, ça suffit ! Aux citoyens et politiciens italiens véritablement modérés : il est temps de changer, de redémarrer avec un nouveau chef, et de placer les intérêts du pays avant les intérêts individuels.

Les faucons du PdL critiquent l’organe sénatorial compétent au sujet de l’immunité parlementaire (Giunta par le elezioni), l’accusant de mixer la politique et la justice. Mais les récentes initiatives du PdL violent également la séparation entre affaires judiciaires et affaires politiques. En admettant que les droits de la défense de Silvio Berlusconi ont été violés et que la Giunta est un organe judiciaire qui n’est pas impartial, la lutte devrait se poursuivre sur le terrain juridique (par exemple, par le biais d’un recours devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme), mais certainement pas dans Parlement.

Les chrétiens-démocrates, les libéraux, et toutes les autres personnes qui s’identifient avec les modérés ne peuvent pas accepter que tout un pays et ses institutions démocratiques deviennent otages du sort d’une seule personne, quelle que soit l’importance de cette personne au cours des dernières années. Ceci est contraire à nos valeurs et aux intérêts de l’Italie et de ses citoyens !

En outre, un nouvel épisode d’instabilité ne fera que paralyser les réformes indispensables pour stimuler la compétitivité économique, créer un cadre juridique et économique favorable à la création d’emplois, et réformer les institutions pour éviter la répétition des situations où le pays est presque ingouvernable.

De plus, si le pays et ses forces politiques vont vers de nouvelles élections, cela détériorera encore davantage la position politique et économique de l’Italie. Par ailleurs, le climat de haine entre les forces politiques rivales réapparaîtra plus fort que jamais, ce qui complique le travail de ceux qui souhaitent un débat politique pacifié. Il y a quelques années, le PdL a fait campagne sur le thème « L’amore vince sempre sull’odio » (l’amour l’emporte toujours sur la haine). Mais, dès maintenant, la haine propagée par les faucons du PdL a la haute main sur le parti. Les modérés ne peuvent pas accepter que ces gens représentent le centre-droit. Les modérés ont, de plus, beaucoup à perdre en cas de nouvelles élections : puisque le Porcellum (surnom du système électoral) n’a pas encore été réformé, soit les résultats mèneront à une nouvelle situation de blocage, soit la gauche remportera une grande victoire et les intérêts des modérés seront en danger si le PD construit une alliance avec SEL et certains dissidents du M5S. Le gouvernement n’’a pas encore démissionné, alors j’ose espérer qu’il y aura au moins 16 sénateurs prêts à agir en tant que représentants des modérés pour soutenir les efforts d’Enrico Letta et de Giorgio Napolitano pour préserver le gouvernement.

Il faut maintenant être courageux ! Le PdL visait à unir les différentes tendances de centre-droit et de droite dans un seul parti, afin de favoriser la stabilité de la majorité. Après quelques succès initiaux, il a échoué. Certains membres du parti l’ont quitté et il a perdu une part importante de son électorat. Même Silvio Berlusconi parle d’un retour à Forza Italia. Modérés italiens, vous avez le choix : soit vous êtes condamné au silence et à l’insignifiance dans un parti dominé par les faucons extrémistes dont les compétences politiques sont limitées à critiquer quiconque est en désaccord avec eux, soit vous décidez de construire un nouveau mouvement populaire, modéré et pro-européen qui sera fièrement membre de la famille du Parti Populaire Européen ! Cela peut s’avérer impopulaire à court terme, mais ceux qui ont une vision à long terme sont souvent récompensés. En outre, l’objet de la politique est de servir l’intérêt public; votre pays a besoin de vous, n’ayez pas peur et ne vous cachez pas ! Le Corriere della Sera s’interroge: « Modérés, où êtes-vous ? » ; donnez une réponse !

Modérés italiens, le choix est vôtre ! Pour votre bien et celui de l’Italie, agissez !

Pierre-Antoine KLETHI

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