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Pourquoi est-ce si difficile de trouver un job en Europe ?

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CONFERENCE – Pourquoi est-ce si difficile de trouver un job en Europe ? C’est la question à laquelle ont tenté de répondre les intervenants lors d’une conférence organisée par le Parlement européen, à la Cité de l’Immigration, dans le cadre des élections européennes du 25 mai prochain. 

Devant une centaine de personnes présentes, quatre points de vue se sont confrontés et ont porté différents regards sur l’Europe et son implication dans la lutte contre le chômage, qui touche 11% de la population active et 25% des 18 – 30 ans. Ainsi, Pervenche Bérès, députée socialiste européenne et présidente de la commission de l’emploi et des affaires sociales, s’est inquiétée de la situation actuelle notamment auprès de citoyens européens de plus en plus critiques, en dépit de quelques avancées significatives comme la garantie jeune pour l’emploi adoptée par le Conseil européen en juin dernier. Pour la parlementaire, l’Europe doit être au rendez-vous de la mondialisation (et donc de l’emploi), auquel cas l’Euro pourrait être mis durement en cause.

Par la suite, Pierre Cahuc s’est penché sur les disparités économiques et sociales en matière d’emploi et de lutte contre le chômage au sein de l’UE. Pour l’économiste, professeur à Polytechnique et membre du Conseil d’analyse économique, il existe des écarts importants entre les pays qui ont un fort taux de chômage (25%) et ceux qui ont une bonne politique en matière d’emploi. Néanmoins, contrairement aux idées reçues, ce sont souvent dans les pays les plus touchés par le chômage que son indemnisation reste la plus forte. Ainsi en France, par exemple, les allocations demeurent bien plus élevées qu’en Allemagne où un faible taux de chômage n’a pas empêché une certaine précarisation du marché du travail, s’expliquant en particulier par une indemnisation moins encourageante. Pour Cahuc, ce sont autant de différences qu’il faut prendre en compte pour mieux comprendre la question de l’emploi au sein de l’Union européenne avant de parvenir à une stratégie et à une politique communes.

Toutefois, la crise offre de nouvelles opportunités et ouvre la voie à d’autres secteurs ou bien encore initiatives. Ainsi, l’économie sociale et solidaire, un secteur de plus en plus mis en avant. Pour Jean-Marc Borello, cofondateur du Groupe SOS et président du MOUVES (Mouvement des entrepreneurs sociaux), l’entreprise ne doit pas seulement avoir un intérêt marchand, il doit avoir un impact environnemental et social. En prenant en compte cette considération, on change de paradigme et on parvient à un cycle plus vertueux en matière de croissance et d’emploi, l’économie sociale et solidaire étant qui plus est un secteur d’avenir, suscitant un intérêt de plus en plus croissant de la part des politiques européennes. De son côté, Alexandre Malsch, entrepreneur de 28 ans, est revenu sur l’histoire de Melty, le groupe média à destination des 15 – 25 ans, qu’il a fondé en 2010. Pour lui, il est nécessaire que l’Europe établisse des règles claires et strictes afin de permettre à chacun de jouer dans le même panier et de façon équitable, en particulier face à la concurrence. Dans un style très décontracté, façon Mark Zuckenberg, le fondateur et patron du réseau social Facebook, le jeune chef d’entreprise a livré sa vision de l’emploi et des opportunités qui peuvent encore s’ouvrir aux jeunes, pourvu qu’on leur donne leur chance.

Dans un contexte marqué par un chômage galopant et une défiance de plus en plus claire de nos concitoyens, il est de l’intérêt supérieur de l’Europe d’agir tout en respectant les prérogatives prévues par les traités. En effet, bien que l’emploi soit une compétence exclusive des Etats-membres (et dans certains cas des régions), il n’en demeure pas moins que l’Union européenne détient une légitimité en la matière et qu’elle peut user de son poids pour orienter voire imposer une stratégie commune. A ce titre, le Parlement européen peut tirer son épingle du jeu dans la mesure où il est la seule institution à être élue directement par les citoyens européens et qu’il a soutenu plusieurs initiatives en faveur de l’emploi notamment à destination des jeunes tel la garantie jeune pour l’emploi qui permet à un jeune diplômé de bénéficier d’une formation, d’un stage ou bien encore d’un emploi au moins quatre mois après la fin de ses études. Bien sûr, il reste encore tant à faire et il est évident que cela ne suffira pas totalement à rassurer celles et ceux qui subissent la crise et qui se retrouvent sans emploi. Mais, dans le cadre de la campagne « ReAct » menée par le Parlement en vue des élections européennes, cette question reste toujours autant d’actualité.

 Gilles Johnson

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