L'Europe à la carte

Newsletter UE n°12

Herman Van Rompuy et David Cameron, à Londres, en 2012. © European Council/Flickr

Herman Van Rompuy et David Cameron, à Londres, en 2012.
© European Council/Flickr

Dans la newsletter de cette semaine, nous nous concentrons sur les cinq thèmes suivants: le débat sur ​​l’appartenance britannique à l’UE ; 6 milliards d’euros du budget européen mal dépensés en 2012 ; un reportage sur pourquoi l’Europe ne peut pas profiter pleinement de ses atouts ; des désaccords au sujet de la réforme de la politique d’immigration ; et la nécessité d’un marché unique du numérique. Bonne lecture et n’hésitez pas à partager avec nous votre opinion sur ces sujets !

Affaires intérieures

Le débat à propos de l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE

La Confédération des industriels britanniques (CBI) est entrée pleinement le débat sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE en exprimant, lors de sa conférence annuelle, la volonté des entreprises de « rester dans une UE réformée ». Elle a mis en garde le risque d’être « dehors sans influence » plutôt que « dedans avec des réformes ». Selon la CBI, l’appartenance à l’UE représente un gain annuel de 78 milliards de livres pour l’économie britannique (1.225 GBP/personne). Parmi les réformes demandées par les entreprises britanniques, il y a la réduction de la bureaucratie, la facilitation du commerce électronique et la suppression de plusieurs directives européennes concernant le droit du travail. Les chefs d’entreprise ont averti que la City pourrait perdre son rôle de capitale financière de l’Europe si le Royaume-Uni devait quitter l’UE. Ils ont également mis en garde les dirigeants politiques contre des dérapages verbaux et les ont prié de ne pas utiliser la question de l’UE comme bouc émissaire pour d’autres problèmes.

David Cameron, le Premier ministre britannique, a indiqué que son plan de renégocier les pouvoirs de l’UE avant la tenue d’un référendum « in-out » était largement soutenu par les électeurs et que le soutien populaire pour rester au sein de l’UE était « très mince ». Toutefois, il a affirmé devant l’auditoire de la CBI qu’il pouvait gagner ce référendum. M. Cameron a également affirmé qu’il avait « une stratégie à long-terme pour le Royaume-Uni » et qu’il était important de poursuivre le débat et d’expliquer aux citoyens pourquoi l’appartenance à l’UE est importante. M. Cameron parie sur des réformes importantes de l’UE, mais il aura besoin de ses 27 partenaires pour réussir, et ceux-ci ont clairement fait savoir qu’ils ne toléreraient pas davantage d’Europe à la carte pour les Britanniques. Ainsi, M. Cameron devra proposer des améliorations concrètes. Il a commencé à préconiser une réduction de la bureaucratie au niveau de l’UE lors de la dernière réunion du Conseil européen. Cette attitude plus constructive lui a valu le soutien d’autres Etats membres et plusieurs de ses propositions sont soutenues par l’Allemagne et la Commission européenne.

Sources: BBC (Cameron à la CBI, Gavin Hewitt), The Guardian, Der Spiegel, Les Echos.

Economie

6 milliards d’euros mal gérés en 2012

La Cour des comptes européenne a annoncé que les sommes mal dépensées ont légèrement augmenté en 2012 par rapport à l’année précédente, pour atteindre 6,6 milliards d’euros. Cela représente 4,8% du budget européen en 2012, dont 80% sont gérés conjointement par la Commission européenne et les Etats membres. Les postes de dépenses les plus touchés sont le développement rural et la politique de cohésion. Certains cas de gaspillage sont liés à l’absence d’une procédure de marché public ou à de fausses déclarations par les bénéficiaires de l’aide (ce qui constitue une fraude si l’objectif était de contourner les critères d’éligibilité). Des eurodéputés ont demandé à la Commission, aux gouvernements nationaux et aux gouvernements régionaux d’améliorer d’urgence la situation. La Commission a affirmé que le rapport des auditeurs ne prenait pas suffisamment en compte les efforts pour corriger les erreurs du passé et récupérer l’argent mal dépensé.

La Cour des comptes européenne a souligné que le taux d’erreur n’était pas « un indicateur de fraude, d’inefficacité ou de gaspillage » et qu’une telle analyse annuelle de la régularité des dépenses publiques n’est pas effectuée par la plupart des gouvernements nationaux.

Sources: BBC, Les Echos.

Citoyenneté

L’Europe que nous voulons : le rapport sur Raitre (Italie)

La chaîne de télévision italienne Raitre a diffusé lundi soir un reportage sur les raisons pour lesquelles l’UE ne peut pas profiter pleinement de ses atouts. Ce rapport montre que l’Europe est « une union de fait » qui n’a pas, pour l’instant, de cohésion interne et externe suffisante : il y a des déséquilibres commerciaux au sein de la zone euro et il n’y a pas une véritable politique étrangère et de défense commune, ni une politique industrielle commune. Le reportage compare les Etats-Unis et l’UE sur divers sujets – les entreprises, le travail et les politiques industrielles – pour « comprendre ce qui manque pour qu’une Europe plus intégrée se pense comme une entité économique et politique unique, pour optimiser l’utilisation de ses ressources, pour valoriser les différences entre les Etats membres et pour être solidaire avec ceux qui éprouvent des difficultés ». Le reportage complet peut être regardé ici.

Source: Corriere della Sera.

Relations internationales

La Commission en désaccord avec les Etats membres sur l’immigration

La politique d’immigration doit être réformée, mais comment ? La Commission européenne et les Etats membres semblent en désaccord sur la réponse à cette question.

D’une part, la Commission appelle à une Europe plus ouverte et relève le manque de travailleurs dans certains secteurs ainsi que les défis démographiques à long-terme pour l’Europe. La Commission estime qu’il est nécessaire de prévoir davantage de possibilités de migration légale dans l’UE, entre autres en signant des accords avec les pays d’origine des migrants : obtenir un meilleur contrôle des frontières en échange d’un processus d’immigration légale plus facile pour les étudiants et les travailleurs issus de ces pays. La Commission rappelle aussi que la majorité des immigrants dans l’UE viennent pour travailler.

D’autre part, les dirigeants nationaux ont peur des réactions xénophobes en cas d’immigration accrue et soulèvent l’absence d’emplois et de ressources dans leurs Etats. La proposition de la Commission visant à créer des visas temporaires pour des raisons humanitaires a été immédiatement rejetée par le Conseil. En raison de la dernières nouvelles, l’accent est désormais mis sur une meilleure protection de la frontière méditerranéenne, bien que seulement 10% de tous les immigrants entrent dans l’UE par cette voie. Et malgré les discours, les Etats membres ne veulent pas augmenter le budget de Frontex, l’agence européenne chargée de surveillance des frontières. Certains députés critiquent le manque de volonté politique de s’attaquer vraiment à la question. La réunion du Conseil européen en décembre sera l’occasion pour les dirigeants nationaux de discuter des questions liées à l’immigration, mais personne ne s’attend à de grands changements.

Pendant ce temps, au Royaume-Uni, une étude réalisée par l’University College London (UCL) a montré que, contrairement à la croyance populaire et les titres des médias accrocheurs, les immigrants apportent une contribution nette substantielle pour les finances publiques. Ainsi, au cours de la dernière décennie, les immigrants étaient beaucoup moins (45% en moins) susceptibles de demander des prestations sociales ou des crédits d’impôt que les natifs britanniques et ils étaient également légèrement moins susceptibles de vivre dans des logements sociaux. En outre, pendant la même période, les immigrants ont payé plus d’impôts qu’ils n’ont reçu de prestations (ce qui est particulièrement vrai pour les immigrants en provenance de l’EEE – UE plus l’Islande, la Norvège et le Liechtenstein –, mais s’applique aussi pour les immigrants en provenance du reste du monde), alors que le contraire s’est produit avec les Britanniques (ils ont payé 11% moins d’impôts que ce qu’ils ont reçu en prestations). L’étude a également constaté que les immigrants récents étaient plus susceptibles que les natifs d’avoir un diplôme universitaire, montrant que le Royaume-Uni attire des migrants hautement qualifiés. Ces résultats sont en contraste avec des discours politiques sur le « tourisme social » qui sont censés justifier une restriction de l’accès aux prestations pour les migrants.

Sources: BBC, El País.

Industrie / Technologie / Business

Vers un marché unique du numérique

Neelie Kroes, Vice-présidente de la Commission européenne, a plaidé pour adapter de manière proactive les entreprises européennes aux réalités du monde numérique. Elle a souligné les changements qui ont eu lieu au cours des derniers mois et années dans le secteur des télécommunications, avec d’anciens leaders tels que Nokia et Blackberry qui sont maintenant dans une situation financière difficile et sont la proie de leurs rivaux. Internet est devenu un véritable secteur économique et « depuis 2008, l’industrie des applications mobiles en Europe à elle seule a généré 800.000 nouveaux emplois » grâce à de nombreuses PME innovantes. Mme Kroes veut encourager les entreprises et les décideurs européens à stimuler la compétitivité de l’Europe et à se débarrasser d’obstacles à l’investissement. La révolution numérique n’affecte pas seulement le secteur des télécommunications, mais de nombreux autres secteurs économiques. La Vice-présidente de la Commission a souligné les atouts existants de l’Europe, par exemple un programme développé de recherche high-tech et la 5G mobile, mais pour réussir l’Europe a aussi besoin d’un marché unique des télécommunications en Europe.

Sources: British Influence.

La semaine prochaine …

Une conférence sur l’éducation et la formation professionnelle aura lieu à Vilnius mardi et mercredi.

Le Comité politique et de sécurité se réunira mardi à Bruxelles. Il s’agit d’un organe permanent, qui fait partie du Conseil et est compétent pour gérer les développements concernant la politique étrangère et de sécurité commune (PESC).

L’ordre du jour du Parlement européen pour la semaine prochaine sera disponible ici à partir de vendredi 8 novembre dans l’après-midi.

Sources: site du PE, site de la présidence du Conseil lituanien.

Pierre-Antoine KLETHI

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