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Schulz, le challenger

José Manuel Barroso et Martin Schulz au Parlement européen. © European Parliament/Flickr

José Manuel Barroso et Martin Schulz au Parlement européen.
© European Parliament/Flickr

Martin Schulz a donc été désigné par le Parti socialiste européen, comme candidat pour la présidence de la Commission européenne qui sera renouvelée à l’automne 2014. Il ne s’agit pas vraiment d’une surprise dans la mesure où l’actuel président du Parlement européen et ancien chef de file des socialistes de 2004 à 2012 était le seul candidat déclaré au sein de la famille socialiste à la succession de José Manuel Barroso, l’actuel président de la Commission européenne.

Martin Schulz se lance donc à l’assaut du Berlaymont, espérant mettre fin à la politique actuellement menée par l’ancien Premier ministre portugais qu’il juge trop peu efficace. Pour le leader allemand, il est plus que nécessaire que l’Europe change de voie et surtout de stratégie en abandonnant notamment le tout-austérité qui a montré ses limites et surtout favorisé la montée des populismes en Europe. En clair, un virage à gauche demeure la priorité pour relancer la construction européenne, ce qui suppose une Commission européenne forte et jouant pleinement son rôle.

En adoptant un tel discours, le président du Parlement européen entend politiser les élections européennes en les centrant sur le rôle du président de la Commission européenne, véritable « gouvernement » de l’Union européenne. En effet, le Traité de Lisbonne prévoit que le Conseil européen (qui regroupe les Chefs d’Etat et de gouvernement) prenne en compte les résultats des élections européennes lors de la désignation du futur président de la Commission européenne, ce qui suppose que les groupes et partis politiques européens désignent un chef de file. A ce propos, l’ensemble des partis européens a débuté une réflexion devant conduire au choix d’un candidat pour la présidence, avec pour objectif de défendre un projet et une vision pour l’Union européenne dans les années à venir.

Ce qui explique pourquoi Schulz adopte une telle stratégie, une stratégie fédéraliste, histoire de mieux palier certains écueils. En effet, l’actuel président du Parlement européen n’a jamais occupé de poste ministériel en Allemagne et son action politique se limite uniquement au niveau local jusqu’ici. Un point faible qu’il convient de prendre en considération quand on sait qu’habituellement le président de la Commission européenne est quelqu’un qui a, auparavant, assuré des fonctions ministérielles comme Jacques Delors (alors ministre de l’Economie et des finances dans le gouvernement de Pierre Mauroy) ou bien encore José Manuel Barroso, premier ministre du Portugal de 2002 jusqu’en 2004, date à laquelle il est nommé à la tête du collège des Commissaires. Toutefois, sa connaissance parfaite du Parlement européen (dont il en est membre depuis 1989) et par extension de la machine européenne peuvent s’avérer être un avantage précieux surtout en cas de victoire hypothétique du Parti socialiste européen aux élections européennes de mai prochain. L’homme le sait et cherche ainsi à mettre en avant sa connaissance parfaite des institutions pour paraître crédible et sérieux notamment face à potentiels rivaux tels que le libéral Finlandais Olli Rehn,  la chrétienne-démocrate Luxembourgeoise Viviane Reading ou bien encore le conservateur Français Michel Barnier, tous trois actuels commissaires européens et tous trois pressentis à la succession de José Manuel Barroso.

Dès lors, Martin Schulz parait clairement comme le challenger, pour ne pas dire l’outsider pour la présidence de la prochaine Commission européenne. Qui plus est, il devra faire preuve d’autorité et trouver sa place au sein du PSE lors de la campagne à venir, surtout s’il entend politiser celle-ci et paraître comme un candidat sérieux et solide. Enfin, il devra composer avec les partis nationaux notamment dans les Etats-membres les plus durement frappés par la crise en particulier l’Espagne, le Portugal ou bien encore la Grèce, ce qui ne sera pas une mince affaire !

Gilles Johnson

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