L'Europe à la carte

Newsletter UE n°13

© European Union 2013 - European Parliament

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Dans la newsletter de cette semaine, nous nous concentrons sur les 5 thèmes suivants : la tentative de bâtir une alliance des droites populistes en Europe ; un accord sur le budget européen pour 2014 ; la citoyenneté maltaise en vente pour 650.000€ ; les discussions UE-USA sur le partenariat commercial et d’investissement transatlantique ; et une start-up britannique qui veut faciliter les voyages transnationaux en train. Bonne lecture et n’hésitez pas à partager avec nous votre opinion sur ces thèmes !

Affaires intérieures

Les droites populistes européennes veulent s’allier pour les élections européennes de 2014

Les leaders populistes de droite Marine Le Pen (France, Front National) et Geert Wilders (Pays-Bas, Parti pour la liberté – PVV) veulent construire une alliance afin d’être suffisamment forts pour constituer un groupe politique au Parlement européen lors de la prochaine législature (les conditions numériques pour cela sont de rassembler au moins 25 députés provenant d’au moins ¼, soit 7 Etats membres). Les deux dirigeants jouissent d’une certaine popularité dans leurs pays respectifs, en surfant sur des positions anti-UE, anti-islam et anti-immigration, et vont essayer d’utiliser cette situation pour augmenter le nombre de leurs eurodéputés. Un groupe politique leur permettrait de profiter de ressources financières et matérielles accrues, ainsi que d’un temps de parole plus important durant les réunions du Parlement européen. Pour réussir, Wilders et Le Pen ont l’intention de convaincre les autres partis nationalistes et de droite populiste à se joindre à leur cause, comme le FPÖ autrichien, les Démocrates suédois, le Vlaams Belang belge et la Ligue du Nord italienne. Cependant, ils refusent des extrémistes tels qu’Aube dorée (parti néonazi grec) ou le Jobbik hongrois. Par ailleurs, ils essayent d’attirer l’UKIP britannique dans leur alliance, mais Nigel Farage n’est actuellement pas intéressé, en particulier en raison de la participation du FN. L’AFD allemande, qui est presque entrée au Bundestag en septembre et exprime de vives critiques envers l’euro, a également exclu toute négociation avec Wilders et Le Pen. Les populistes de droite feront campagne sur le rapatriement de la souveraineté dans les Etats membres sur les questions monétaires et budgétaires, et ils veulent réaffirmer la souveraineté territoriale (ce qui pourrait signifier des restrictions à la libre circulation en Europe). Bien que les deux dirigeants politiques aient mis en avant leurs idées communes, il existe néanmoins de grandes différences entre eux : par exemple, le parti de Wilders est pro-Israël tandis que de nombreux membres du FN sont antisémites. En outre, le PVV est plus radical que le FN dans sa rhétorique anti-Islam. Par ailleurs, Wilders soutient le mariage homosexuel alors que Le Pen s’y oppose.

Sources: Spiegel, La Stampa, Reuters, BBC, The Guardian.

Note: Une alliance des anti-européens paraît peut-être menaçante pour certains politiciens, mais je pense que c’est une bonne chose que les adversaires de l’intégration européenne tentent ouvertement de construire une alliance, car il deviendra plus facile de pointer du doigt leurs différences et leurs défauts et les pro-européens auront un adversaire clairement défini au niveau européen. J’en profite pour réitérer mon opposition à une alliance des pro-Européens contre les partis de droite et de gauche populistes et/ou anti-européens : réduire les élections européennes à une question pour/contre sur l’UE serait simpliste et favoriserait précisément une alliance comme celle que le Pen et Wilders essayent de construire. Au contraire, les différents partis pro-européens doivent définir clairement leurs politiques sur un certain nombre de questions qui préoccupent les électeurs et « combattre » les populistes avec des propositions politiques sérieuses. Si le débat porte sur les idées, le front populiste sera très rapidement divisé et affaibli.

Economie

Accord sur le budget européen : 135,5 milliards d’euros pour 2014

Après 16 heures de négociations, les dirigeants européens ont convenu d’un budget de 135,5 milliards d’euros pour 2014. Cela signifie que les dépenses chuteront de près de 10% par rapport à cette année (après qu’un accord ait été conclu sur un budget rectificatif pour 2013). Il s’agit du premier budget qui entrera dans le cadre financier pluriannuel 2014-2020, qui devrait maintenant être adopté prochainement par le Parlement européen et le Conseil. Les Etats membres ont accepté d’ajouter un demi-milliard d’euros à leur proposition et le Parlement européen a renoncé à sa revendication d’une augmentation de 1,4 milliards d’euros. Malgré cet effort, le Royaume-Uni, le Danemark, la Suède et les Pays-Bas ont voté contre le compromis qui doit encore être validé par le Conseil et les députés européens la semaine prochaine.

La politique agricole commune (PAC) et la politique de cohésion, bien que perdant environ 7 milliards d’euros, continueront à être les deux plus gros postes de dépenses, mais un haut responsable lituanien a déclaré que « les domaines prioritaires tels que la croissance, l’emploi, l’innovation et l’aide humanitaire » seraient mieux financés. En particulier, près de 4 milliards d’euros seront consacrés à la lutte contre le chômage des jeunes. Le financement de Frontex, l’agence de contrôle des frontières de l’UE, sera également augmenté, de même que celui des autorités de surveillance financière en Europe.

Sources: Reuters, BBC, Euractiv, Le Monde, Les Echos, Der Spiegel.

Note: Pour rire un peu, comparez les phrases dans les articles des journaux Le Monde et Les Echos

Citoyenneté

Citoyenneté maltaise (et européenne) en vente…

Le gouvernement maltais du Premier ministre Joseph Muscat a annoncé que les étrangers « à forte valeur » pourraient acheter la nationalité maltaise (et donc la citoyenneté européenne) pour 650.000 euros. Le gouvernement espère que cette mesure rapportera 30 millions d’euros/an (montant atteint avec 45 naturalisations) qui seraient utilisés pour réduire le déficit budgétaire. 200 à 300 demandes sont attendues chaque année. Le gouvernement a promis que le système sera transparent et que les personnes ayant des antécédents judiciaires seraient rejetées. L’opposition nationaliste critique le fait que la citoyenneté soit tout simplement vendue et ne soit pas liée à des conditions d’investissements ou de résidence, elle et a averti que Malte pourrait donc être assimilée à un paradis fiscal. Selon le gouvernement, d’autres pays de l’UE envisageraient des systèmes similaires.

Source: Euractiv.fr, Corriere della Sera.

Relations internationales

Les négociations entre l’Union Européenne et Etats-Unis sur un accord commercial ont repris

Les discussions entre l’UE et les États-Unis sur l’accord de libre-échange transatlantique (TTIP en anglais) ont repris cette semaine, après avoir été retardées en raison de la fermeture du gouvernement américain le mois dernier. Elles auraient pu être encore reportées en raison de l’affaire d’espionnage par la NSA, mais les dirigeants européens ont décidé de dissocier cette question des négociations commerciales. En effet, malgré leur indignation, les dirigeants européens estiment que les avantages économiques du TTIP pourraient atteindre 119 milliards d’euros par an, et l’UE a vraiment besoin de stimuler sa croissance anémique. Par ailleurs, les dirigeants européens savent que leurs propres services secrets n’opèrent pas toujours dans les frontières de la légalité.

Les sujets abordés au cours de cette semaine ont été les services, les investissements, les matières premières, l’énergie et des questions réglementaires. Selon les analystes, les OGM, les lois de protection des consommateurs, les règles applicables aux marchés publics et les règles de protection des données figurent parmi les thèmes sensibles. Un accord sur des règles communes sur les services financiers pourrait également se révéler être un obstacle difficile. Toutefois, les discussions actuelles sont plus un « round d’observation » visant à définir plus précisément les thèmes des groupes de travail et de véritables négociations commenceront seulement en janvier. Les deux parties espèrent parvenir à un accord d’ici fin 2014.

Le prochain cycle de discussions doit avoir lieu dans un mois (16-20 décembre) à Washington.

Sources: BBC, El País, Le Monde, Der Spiegel.

Industrie / Technologie / Business

Une start-up britannique lance un service de réservation de voyages en train paneuropéens

Jusqu’à présent, quand vous voulez voyager à travers l’Europe en train, vous devez réserver vos billets sur les sites Internet de plusieurs compagnies ferroviaires nationales. Loco2.com (pour « low CO2 » : « faible CO2 »), une start-up britannique, a eu l’idée d’intégrer les systèmes de réservation et les horaires de plusieurs opérateurs ferroviaires nationaux pour permettre aux voyageurs de réserver tout leur voyage sur un site unique. Les co-fondateurs de la société décrivent leur mission ainsi : rendre « la réservation d’un voyage en train aussi simple que la réservation d’un vol ». En outre, ils espèrent que leur initiative rendra les voyages ferroviaires transfrontaliers moins chers et promouvra les voyages en train plutôt qu’en avion. A l’heure actuelle, le service fonctionne très bien pour un voyage en France et/ou en Allemagne en provenance ou à destination d’une gare britannique. Il existe également un service moins complet pour des pays tels que l’Espagne, l’Italie, la Belgique et les Pays-Bas. La mise en place de ce nouveau système de billetterie a fait face à de nombreux obstacles, les opérateurs nationaux ayant tenté de s’opposer à la concurrence de nouveaux arrivants.

Source: BBC.

La semaine prochaine…

L’agenda du Parlement européen pour la semaine prochaine est disponible ici. La semaine prochaine, il y a la session plénière à Strasbourg avec de nombreux sujets importants à l’ordre du jour, notamment la ratification de l’accord sur le budget 2014 de l’UE et le vote sur le cadre financier pluriannuel 2014-2020, le vote final sur les prochains programmes de recherche Horizon 2020 et des discussions sur un quota de femmes dans les conseils d’administration des entreprises.

Le Conseil Affaires étrangères se réunira à Bruxelles lundi. Le même jour, le European Policy Centre (EPC) organisera une conférence sur le thème « Les sanctions de l’UE sont-elles efficaces ? » [comme outil de politique étrangère].

Sources: site du PE, site de la Présidence lituanienne du Conseil.

Pierre-Antoine KLETHI

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