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Newsletter UE n°18


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Dans la newsletter de cette semaine, nous développons les 5 thèmes suivants : le candidat de la gauche radicale européenne à la Présidence de la Commission sera le Grec Alexis Tsipras ; le programme d’aides financières à l’Irlande est officiellement terminé ; le choix entre technocratie et populisme en Europe ; la Serbie commencera en janvier des négociations avec l’UE en vue d’une éventuelle adhésion ; et les ministres des finances ont réussi à s’entendre sur le 2ème pilier de l’union bancaire. Bonne lecture et n’hésitez pas à partager vos impressions avec nous !

Affaires intérieures

Tsipras candidat de la gauche radicale à la Présidence de la Commission / Rehn en bonne position chez les libéraux

Alexis Tsipras, leader du parti grec Syriza (le parti de gauche radicale et principal parti d’opposition), a été désigné par ses pairs comme le candidat de la gauche radicale / communiste pour la présidence de la Commission européenne. Sa nomination reflète « un encouragement pour les efforts du peuple grec » selon la « gauche unitaire européenne », qui compte actuellement 34 députés européens.

Chez les libéraux, Olli Rehn, l’actuel Commissaire aux affaires économiques et monétaires originaire de Finlande, semble favori après avoir reçu cette semaine le soutien de 14 partis membres de l’ADLE (Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe), dont les partis britanniques et allemands, bien que les Lib-Dems britanniques soient divisés sur la question. Son principal rival, le fédéraliste belge Guy Verhofstadt, a le soutien des partis libéraux des Etats du Benelux et ceux autrichiens et roumains. Le choix final aura lieu au Congrès de l’ADLE le 1er février.

Sources: Le Monde, Euractiv.

Economie

L’Irlande n’a plus besoin d’assistance financière, mais les efforts ne sont pas achevés !

Alors que l’Irlande est devenue le premier pays de la zone euro à clore son plan de sauvetage, après des années de durs sacrifices, son Premier ministre, Enda Kenny, a parlé de restauration de la crédibilité du pays. M. Noonan, son ministre des Finances, a de son côté déclaré que les citoyen(ne)s irlandais étaient « les vrais héros et héroïnes » de ce succès. Toutefois, les deux hommes ont également prévenu que les temps difficiles n’étaient pas terminés et que, bien que la situation économique s’améliore, la sortie du programme d’aide financière internationale (85 milliards d’euros sur 3 ans) n’était qu’une « étape » et ne marquait pas la fin des efforts. En effet, la fin du programme signifie que l’Irlande peut à nouveau emprunter de l’argent sur ​​les marchés financiers à des conditions acceptables. Maintenant que l’Irlande ne dépend plus des prêts d’Etats et institutions étrangers, elle aura aussi plus de latitude pour orienter sa politique économique.

En ce qui concerne l’avenir, le Premier ministre Kenny a déclaré que le pays allait poursuivre une politique d’équilibre budgétaire. Il a affirmé que son pays avait « déjà réalisé plus de 90% des réductions de dépenses et des hausses d’impôts nécessaires » et que, par conséquent, l’Irlande pourrait maintenant « commencer à réduire le fardeau de la dette nationale ». Avec une prévision de croissance de 2% pour l’année prochaine et un chômage légèrement inférieur à 13%, M. Kenny va lancer un plan économique centré sur la création d’emplois. Pour atteindre cet objectif, il a l’intention de libéraliser davantage le marché du travail en supprimant « les obstacles à de nouveaux emplois dans des secteurs clés » et en réformant le système de protection sociale afin de « fournir un soutien et des incitations pour les chômeurs à prendre de nouveaux emplois ». M. Noonan a également ajouté que, si cela est financièrement possible, le gouvernement adoptera une réduction de l’impôt sur ​​le revenu pour stimuler la croissance.

Le Portugal pourrait être le prochain pays à sortir de son programme d’aides financières, l’an prochain, en particulier si une reprise de la croissance dans l’UE stimule ses exportations.

Sources: BBC (Kenny, Noonan).

Citoyenneté

Un choix entre technocratie et populisme ?

Dans El País, André Ortega, un écrivain et analyste, affirme qu’au niveau de l’UE les électeurs européens ont le choix entre la technocratie et le populisme plutôt qu’entre la gauche et la droite. Il souligne que le transfert de la prise de décision à la BCE ou la « troïka » pendant la crise a permis aux gouvernements de contourner leurs électeurs nationaux. En affirmant que les décisions pour résoudre la crise sont d’ordre technique et doivent être adoptées par des techniciens, les politiciens ont ouvert la voie à une percée des populismes d’extrême droite et d’extrême gauche anti-européens. Ortega souligne la différence entre le contenu d’une mesure et la forme du processus de prise de décision. En ce qui concerne le contenu des mesures, il dit qu’elles visent à rétrécir l’Etat-providence keynésien. Quant à la forme, le processus de prise de décision a « vidé la démocratie nationale au cours des dernières années […] sans la remplacer par une démocratie européenne ». Selon l’auteur, la solution n’est pas de donner plus de pouvoirs au Parlement européen, mais de renforcer le débat national démocratique (tout d’abord, dans les parlements nationaux) sur les questions européennes.

Mais ce n’est pas le seul problème : Ortega pense que la montée du populisme anti-européen trouve aussi ses racines dans le fait que l’intégration européenne est mal expliquée et, aux yeux de nombreux citoyens, attaque l’identité nationale.

Bien que l’Espagne soit relativement à l’abri de populisme, en raison des souvenirs de la dictature qui n’a pris fin qu’en 1975, il existe néanmoins un sentiment antipolitique fort qui pourrait pousser les abstentionnistes vers des populistes comme en Italie (avec Grillo) ou en France (avec le Front National). Ortega avertit que l’absence actuelle de forts mouvements populistes en Espagne pour le moment ne signifie pas dire qu’ils ne pourront pas apparaître si la situation sociale ne s’améliore pas et si la crise du système politique (suite à divers scandales et affaires de corruption) se poursuit.

L’auteur relève également qu’une victoire populiste dans un Etat membre aurait des effets néfastes sur les autres Etats membres, car cela « paralyserait » la politique de cet Etat et les efforts pour construire une Union européenne plus intégrée. Ainsi, « même si les élections européennes peuvent encore être vues comme une somme d’élections nationales, elles auront un effet européen ». La lutte contre le populisme exige l’abandon de la technocratie, la recherche d’alternatives politiques et la mise en œuvre de réponses concrètes aux problèmes des citoyens au niveau de l’UE. Nous devons retrouver la politique et de la démocratie à la fois au niveau national et européen.

Source: El País.

Relations internationales

Ouverture des négociations avec la Serbie en vue d’une éventuelle adhésion

Le Conseil a décidé que les négociations avec la Serbie sur une future adhésion éventuelle à l’UE pourraient commencer en janvier 2014. Une conférence intergouvernementale sera organisée à Belgrade, la capitale serbe, le 21 janvier. Cela fait suite à une amélioration des relations entre le Kosovo et la Serbie au cours des derniers mois (notamment un accord en avril qui reconnaît l’autorité du gouvernement de Pristina sur les institutions kosovares) dans le cadre d’un processus soutenu par l’Union européenne et sa Haute Représentante, Lady Ashton. Le commissaire européen à l’Elargissement, Stefan Füle, a indiqué que la vitesse du processus « dépend beaucoup de la volonté politique du pays à faire diverses réformes ». La Serbie espère devenir membre de l’UE d’ici à 2020. Si elle y parvient, elle sera le troisième pays des Balkans (après la Slovénie et la Croatie) à faire partie de l’Union européenne.

Sources: Financial Times, FAZ (Frankfurter Allgemeine Zeitung).

Industrie / Technologie / Business

Un accord sur le 2ème pilier de l’union bancaire

Après de longues négociations, les 28 ministres des Finances réunis cette semaine ont finalement conclu un accord sur le deuxième pilier de l’union bancaire qui concerne le comportement à adopter lorsqu’une banque est en difficulté : qui décidera qu’une banque ne peut plus être sauvée (et doit être mise en faillite) ou, si elle doit être sauvé, comment cette banque serait refinancée pour éviter une répétition des sauvetages très coûteux de ces dernières années et qui ont conduit des pays tels que l’Irlande au bord de la faillite ? Comme déjà expliqué la semaine dernière dans notre newsletter, suite à un pré-accord entre les ministres, la nouvelle directive a établi un mécanisme de sauvetage : d’abord, les propriétaires d’une banque proche de la faillite devront payer, puis ses créanciers, puis les personnes ayant des dépôts au-dessus de 100.000€, et seulement ensuite les contribuables, si nécessaire. En outre, la décision de mettre une banque en faillite serait demandée par un « conseil de résolution », composé des autorités nationales. Ces règles doivent commencer à s’appliquer le 1er janvier 2016.

Sur l’épineuse question d’un fond de résolution commun pour la zone euro, les Etats membres ont décidé que les banques devront contribuer au financement de ce fonds, qui devrait rassembler 55 milliards d’euros pendant les 10 premières années. Pendant cette période, l’argent restera dans des « compartiments » nationaux. C’est seulement en 2026 que les fonds seront entièrement mutualisés. En outre, le MES (Mécanisme Européen de Stabilité) sera impliqué dans le régime au cours de la période transitoire de 10 ans. Après cela, le fond de résolution aura la possibilité d’emprunter de l’argent si les 55 milliards d’euros ne sont suffisent pas (et les banques auraient à rembourser les sommes empruntées).

Sources: BBC, El País, Le Monde, Tageschau.

Remarque: Bien que l’existence d’un accord doive être saluée, plusieurs observateurs ont cependant laissé entendre qu’il n’était pas suffisant : le délai de mise en place est trop long et le montant (55 milliards d’euros) est trop faible par rapport à la taille des bilans des banques de la zone euro, en particulier si les stress tests qui seront menés l’an prochain révèlent des manques de capital plus importants que prévu. Enfin, le fait que le « conseil de résolution » plutôt que la Commission européenne devienne l’« autorité de résolution » pour décider quoi faire avec les banques en difficulté pourrait créer des obstacles politiques à l’efficacité du système.

JOYEUX NOËL !

C’est notre dernière newsletter sur l’UE en 2013 ! En effet, du fait des vacances, il n’y en aura pas au cours des deux prochaines semaines.

Nous serons de retour en janvier pour une nouvelle année de discussions au sujet de l’UE. Gardez un œil sur le blog : nous publierons autour du Nouvel An un article avec notre vision  sur l’année à venir !

Merci beaucoup de nous suivre et nous vous souhaitons un JOYEUX NOËL !

Pierre-Antoine KETHI

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