États-membres

Une adhésion lucide et pragmatique

© European Union/Flickr

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La zone euro compte un adhérant de plus. Depuis ce mercredi 1er janvier, la Lettonie adopte la monnaie unique et dit adieu à sa monnaie nationale, le lats, qu’elle avait introduit en 1993 afin de remplacer le rouble, l’un des derniers symboles de l’Union soviétique. Après la Slovénie en 2007, Chypre et Malte en 2008, la Slovaquie en 2009 et l’Estonie en 2011, la Lettonie est donc le sixième Etat membre à rejoindre l’euro depuis le grand élargissement de 2004.

Cette adhésion – discrète – s’est faite dans un climat plutôt houleux dans la mesure où selon un sondage, une majorité de Lettons est contre l’Euro, craignant essentiellement une hausse de prix et une incidence sur leur pouvoir d’achat dans un pays où le salaire moyen avoisine les 500 euros. A ce titre, certains responsables politiques, à l’instar d’Iveta Grigule, députée eurosceptique, ont tenté de remettre en cause le processus d’adhésion en réclamant un référendum sur l’adoption ou non de l’euro, en vain.

En devenant officiellement le dix-huitième membre de la zone euro, la Lettonie s’inscrit néanmoins dans une démarche à la fois réaliste et pragmatique. Pragmatique parce que le gouvernement ne fait que respecter ses engagements conformément aux traités d’adhésion, réaliste car Riga espère jouer dans la cour des grands et se retrouver au même niveau que les grands Etats de l’UE. Pour la coalition de centre-droit au pouvoir, adopter la monnaie unique, c’est caresser l’espoir de rendre son économie encore plus dynamique et plus compétitive, ce que le lats ne permettait plus. C’est aussi faire le pari que la Lettonie se portera beaucoup mieux au sein de la zone euro en profitant de ses retombées à moyen long terme.

Toujours est-il que l’arrive de la Lettonie reste une bonne nouvelle dans la mesure où ce pays respecte ses engagements et veut s’impliquer davantage dans la construction européenne. En effet, pour cet Etat balte (comme pour le reste des récents Etats-membres, à quelques degrés divers, il faut bien le reconnaître), l’UE est avant tout la garantie de lendemains positifs, de lendemains qui chantent, mais également un symbole de prospérité économique. Adopter l’euro, dix ans après de l’adhésion de 2004, est un signe de prospérité dans la mesure où il permet à la Lettonie (comme à l’Estonie auparavant et prochainement à la Lituanie) de se considérer comme un pays européen à part entière et donc de tourner le dos définitivement à Moscou et au grand frère russe.

C’est donc par pragmatisme que la Lettonie rejoint donc la zone euro à l’heure où son avenir et sa solidité reste encore posés. Si pour l’heure, un démantèlement de la monnaie unique devient de moins en moins plausible, il n’en demeure pas moins que cette dernière doit encore donner des garanties quant à sa viabilité et à sa crédibilité. Une crédibilité qui passera sans doute par la création d’un véritable gouvernement économique européen (ou de la zone euro) mais également par le respect des engagements pris par les autres Etats-membres (exception faite du Danemark et du Royaume-Uni) d’adopter dans un futur proche l’Euro.

Gilles Johnson

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