États/L'Europe à la carte

Les choses (essentielles) à savoir sur la Suède dans l’Union européenne !

Paysage typique (Suède)

Copyright @Léon Fuchs, correspondant « Suède » pour Au Café de l’Europe.

Longtemps, la Suède s’est montrée méfiante vis-à-vis de la construction européenne, privilégiant notamment l’Association Européenne de Libre Echange (AELE) à la Communauté Economique Européenne (CEE) durant la Guerre Froide. Lors de cette période, la Suède se distingua aussi en restant politiquement et militairement neutre et en proposant une troisième voie entre capitalisme et communisme, entre Ouest et Est.

Mais avec le temps, la fin du rideau de fer et le développement politique et économique de l’Europe, la Suède commence toutefois à repenser sa position. Le pays s’intéresse de plus près à ce qui se passe en Europe occidentale, comprenant qu’il peut aussi en profiter d’une manière ou d’une autre.

C’est alors au début des années 1990 qu’émerge l’idée de l’adhésion européenne dans l’esprit de la population du pays scandinave. Les débats deviennent plus nombreux et après des négociations assez rapides avec les autres pays européens, le gouvernement suédois de l’époque décide de consulter le peuple et d’organiser un référendum en novembre 1994. La participation est de 88% et le « OUI » l’emporte avec 52,3% des voix contre 46,8% pour le « NON ». Le peuple suédois l’a donc décidé, la Suède va rejoindre l’Union Européenne (UE) le 1er janvier 1995, accompagnée d’un autre pays nordique, la Finlande mais aussi de l’Autriche.

Entre 1995 et 2000, la Suède cherche sa place et s’adapte plutôt rapidement au système européen. En 2001, après la France et avant la Belgique, la Suède préside le Conseil de l’Union Européenne pour la première fois et met en avant les thèmes de l’élargissement, de l’emploi et de l’environnement. En 2003, le peuple suédois refuse par référendum la monnaie unique et l’adhésion à l’Union Economique et Monétaire (2003) : 55,6% des suédois ne veulent pas de l’Euro, contre 42% de personnes favorables à la monnaie unique. Le taux de participation est à nouveau élevé puisqu’il dépasse les 82%. Pour ne pas avoir à mettre en place la monnaie unique, la Suède ruse et choisit volontairement de ne pas remplir tous les critères d’adhésion à la zone euro, refusant notamment de faire partie du mécanisme de taux de change européen II (MCE II). Plus tard, en 2009, la Suède préside le Conseil de l’Union Européenne pour la seconde fois.

De nos jours, la Suède reste très active dans le Service Européen pour l’Action Extérieure (SEAE), le corps diplomatique qui s’occupe de la politique étrangère et de sécurité commune. La Suède a notamment un rôle important dans les gestions de crise et est l’un des rares pays à avoir participé à toutes les opérations de l’UE. De plus, la Suède souhaite aussi développer et coordonner l’aide humanitaire européenne dans les pays en voie de développement.

Économiquement, la Suède, qui est l’un des seuls pays à respecter ses engagements en matière de finance publique, souhaite que l’Union Européenne en fasse plus au niveau de la discipline budgétaire mais aussi que l’Europe favorise la libéralisation des échanges avec les pays qui n’appartiennent pas à l’espace Schengen. La Suède veut aussi que les pays de l’Union Européenne fassent plus d’efforts au niveau de l’innovation et de la compétitivité. Politiquement, avec ses 18 députés européens (20 en 2014) et ses 10 représentants au Conseil de l’UE, la Suède apporte à l’Europe un regard spécifique sur le monde, grâce à sa neutralité historique et son expérience différente de l’Europe.

Mais malgré tout le chemin parcouru, la Suède doute encore aujourd’hui de l’idée européenne et est souvent présentée comme eurosceptique. Ainsi, selon un récent sondage, seulement 9% des Suédois souhaiteraient aujourd’hui la mise en place de l’euro en Suède, un chiffre bien faible à la veille des prochaines élections européennes de 2014. Mais avec un taux d’ouverture de 90% et des échanges commerciaux ayant parfois doublés avec ses partenaires européens, comme c’est le cas avec la France, la Suède ne devra toutefois pas oublier les nombreux aspects positifs de son intégration à l’Union Européenne avant d’aller voter au printemps prochain.

Léon Fuchs, 
Correspondant « Suède » pour Au Café de l’Europe 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s