Idée/Opinion

Etude sociologique : Les « euro-journalistes »

Au cours d’un stage que j’ai réalisé au Bureau de France 3 à Bruxelles à partir de mars 2014, j’ai dû écrire un rapport. Dans ce dernier, j’ai notamment analysé semaine par semaine le travail d’un journaliste européen moyen. Ici, vous pouvez retrouver l’étude de cette catégorie socio-professionnelle que j’ai régulièrement mise à jour, à mesure que je rassemblais des informations.

JOURNALISME

Par définition, un euro-journaliste est issu d’un des vingt-huit Etats membres de l’Union européenne et couvre les affaires européennes pour son pays d’origine. En France, le site de la Représentation permanente de la France auprès l’Union européenne recense[7] plus de soixante euro-journalistes accrédités auprès des institutions européennes. Michael Malherbe, consultant dans une agence-conseil en communication, intervenant dans les masters « Etudes européennes » de la Sorbonne-Paris III et  « Affaires européennes » de la Sorbonne-Paris IV, a rassemblé dans un tableau tous les journalistes européens (français) présents sur le réseau social professionnel Twitter[8].

Le métier de journaliste européen consiste à mener deux activités complémentaires. D’une part, le journaliste européen est un « médiateur » des informations européennes en éclairant les citoyens nationaux sur les enjeux européens. D’autre part,  le journaliste européen est un acteur du débat public européen en tant que commentateur et formateur d’opinions. Selon Eddy Fougier[9], politologue et chercheur associé à l’IRIS, de nombreuses institutions permettent de faire carrière dans le journalisme européen. Par exemple : le Centre du Journalisme Européen (CJE), l’Association des journalistes européens (AJE) ou encore le « Prix Louise Weiss » du journalisme européen qui récompense chaque année des journalistes ayant traité l’actualité européenne sous un angle original.

L’on distingue plusieurs « types » d’euro-journalistes. D’abord, les euro-journalistes qui couvrent l’actualité européenne depuis Bruxelles, à l’instar de Pascal Verdeau, correspondant de France 3. D’autres euro-journalistes sont chargés de suivre l’actualité européenne depuis une capitale européenne comme c’est le cas de Véronique Auger, présidente du « Prix Louise Weiss » du journalisme européen et présidente de «Europresse». Ensuite, on trouve aussi des journalistes d’organes de la presse spécialisée à l’instar de Jean Sébastien Lefebvre, correspondant européen de «Contexte », le magazine spécialisé dans les affaires européennes, créé par d’anciens journalistes d’«Euractiv ». Enfin, des journalistes qui travaillent dans un média dit européen (EU Voice, Agence Europe , Euradionantes, Arte ect) qui se déplacent au sein des institutions européennes.

I. Les euro-journalistes : un groupe socioprofessionnel en formation

  1. Du journalisme institutionnel au journalisme sociétal :

Un espace public d’information et de débat à l’échelle européenne n’est pas une abstraction : des éléments montrent que ce dernier tend à se constituer. Les grands « rendez-vous » européens font de plus en plus l’objet de couvertures médiatiques. A l’heure actuelle, on compte plus de 1.000 journalistes accrédités auprès des institutions européennes. Depuis les années 1960, l’on assiste à une transformation des pratiques euro-journalistiques. Au départ, les journalistes de «type institutionnel» avaient pour seule mission de suivre l’actualité relative à la construction européenne. Selon Olivier Baisnée[1], professeur de sociologie à l’Institut d’Études Politiques de Toulouse, le journaliste institutionnel « se caractérise par une couverture technicienne, proche de l’expertise de l’Union européenne». Et le chercheur de préciser : «leur couverture technique de l’Union européenne ne met ainsi jamais en évidence la nature proprement politique des événements, les luttes et les intérêts en présences (…). Ces journalistes reprennent assez largement le discours que les institutions tiennent sur elles-mêmes ». Pour résumer : un entre soi particulièrement flagrant qui se caractérise par une couverture de l’information redondante et difficile d’accès pour les citoyens.

Dans les années 1990, un changement s’opère avec l’apparition d’une seconde catégorie d’euro-journalistes dits « d’investigation ». Toujours selon Olivier Baisnée, cette catégorie de journalistes, largement plus critiques, « tend à analyser les événements européens d’une façon plus proche du journalisme politique, expliquant et décrivant les luttes et les conflits internes aux institutions ». Plus récemment,selon les dires de Fabrice Pozzoli-Montenay (annexe 6 page 15): « une autre forme de journalisme se développe à travers la construction de nouveaux sites web transnationaux. Ils traitent l’actualité européenne ne se focalisant pas sur la seule actualité institutionnelle. Cette nouvelle forme de journalisme permet aux citoyens daccéder à des informations sociétales. »

Nous avons interrogé Véronique Auger à propos des dix ans de son magazine « Avenue de l’Europe ». Son émission s’est de fait adaptée aux différentes phases de la construction européenne. Véronique Auger s’explique : « On a commencé le magazine avec l’introduction de l’euro en France et l’idée, au départ, c’était de créer un petit magazine qui allait expliquer concrètement aux Français ce que l’euro allait changer pour eux. Ensuite, nous avons créé le magazine « Génération Europe » en 2004, au moment où les dix pays les plus à lEst intégraient l’Europe. Dans chaque magazine, il y avait un petit reportage sur ce que les pays récemment intégrés pouvaient attendre de nous, un autre sur ce que nous pouvions attendre d’eux et un troisième reportage sur des liens historiques, culturels, sociaux qui existaient entre ces pays et nous. Par exemple, si on prend le cas de la Pologne : le cœur de Chopin est à Varsovie et son corps et à Paris ! De même, on a découvert qu’en Alsace il y avait un village entier de descendants de Slovènes. Ensuite, on a fait « Champion d’Europe », une sorte de Hitparade sur divers sujets ! Le premier sujet par lequel nous avons commencé portait sur la consommation des médicaments. A l’époque, la France était numéro 1 en matière de consommation de médicaments : qui faisait mieux, qui faisait moins bien ? Pour le savoir, nous nous sommes rendus aux Pays-Bas où le médicament était considéré à l’inverse comme l’horreur absolue. Après on a fait Champion d’Europe couleur région, en répondant à un appel d’offre d’une institution européenne qui voulait qu’on informe les régions sur l’Europe. Enfin, nous sommes passés à Avenue de l’Europe, l’actuel magazine de société sur les 28 pays de l’Union européenne. »

      B. Un profil sociologique commun :

            L’ensemble des euro-journalistes appartient à un microcosme particulier avec comme seules sources les institutions européennes. L’on peut définir un profil sociologique « type » des euro-journalistes. D’abord, les euro-journalistes parlent généralement plusieurs langues. Par exemple, Jean Sébastien Lefebvre parle le français, l’anglais, le polonais et l’espagnol. Ensuite, les euro-journalistes sont généralement issus de cursus universitaires avec une spécialisation en « journalisme » (Institut des Hautes Etudes de Communications Sociales, Master II en « journalisme européen » de la Sorbonne etc.), en « affaires européennes et/ou relations internationales » : ils ont un intérêt évident pour les questions européennes. De surcroît, les euro-journalistes utilisent abondamment les réseaux sociaux en s’abonnant aux actualités des institutions européennes. De fait, ils utilisent «une large gamme de sources traditionnelles et de médias sociaux » et « ne rencontrent pas de difficulté à trouver des informations »[2]. Enfin, l’IHECS et ses partenaires, se sont réunis pour élaborer un « Livre blanc en faveur du journalisme européen social et citoyen »[3].

            Lors des points-presse à la Commission européenne, les rencontres entre journalistes illustrent des pratiques relationnelles et sociologiques particulières. Les correspondants envoyés à Bruxelles se retrouvent sans leur rédaction nationale et sont donc ouverts à l’échange avec les autres journalistes. De fait, les journalistes sont plus enclins à coopérer et sont moins en situation de concurrence comme c’est bien plus le cas dans une situation nationale. Malgré ce sentiment de communauté commune des euro-journalistes, il n’existe pas d’« européanisation » des pratiques journalistiques. Selon Jean Sébastien Lefebvre : « Les relations entre journalistes à Bruxelles sont très nationales et les liens dépendent aussi des accroches culturelles. Des journalistes déjà présents dans les années 1990 m’ont raconté qu’avant les grands élargissements, les contacts entre nationalités étaient plus importants, du fait de la taille réduite de la salle de presse. Aujourd’hui, avec près de 1000 journalistes à Bruxelles, c’est plus compliqué. Mais ça n’empêche pas de nouer des liens, à la fois personnels et professionnels. On se briefe entre journalistes sur ce qui se dit dans les couloirs de notre RP, dans notre capitale, etc. »

         De surcroit, les journalistes européens doivent faire face à des difficultés spécifiques communes, renforçant de fait la prise de conscience de l’existence même du groupe social « eurojournaliste ». Selon Jean Sébastien Lefebvre, les euro-journalistes doivent faire face à plusieurs difficultés dans le traitement de l’information européenne : «Tout d’abord, le journaliste européen doit être conscient au cours de la rédaction d’un article ou d’une émission de la multiplicité des acteurs en jeu (institutions, pays, lobbys, etc.), ce qui ne leur facilite pas la tâche. Ensuite, notre but est de simplifier les enjeux et la technicité pour le lecteur. Cela implique donc de bien comprendre ces enjeux et cette technicité avant de pouvoir la simplifier. De surcroît, au quotidien, nous devons traduire les expressions vides de sens de la Commission européenne. » Il semble donc que les euro-journalistes appartiennent à un groupe social particulier dans la sphère européenne. Ils sont à la fois « unis » dans leur profil sociologique (études, multilinguisme, etc.) mais aussi de par les difficultés communes à traiter l’information européenne ; tout en apparaissant comme « désunis » principalement du fait de l’absence d’ «européanisation » des pratiques journalistiques. Il s’agit à présent d’étudier la place des euro-journalistes au sein de la profession journalistique en se focalisant sur les représentations que se font les acteurs en présence.

        II. Les raisons d’une perception négative des euro-journalistes dans la profession journalistique :

A. La forte réticence des rédactions nationales à traiter les sujets européens :

            L’actualité européenne pose problème aux rédactions nationales car ce thème ne rencontre pas les logiques nationales de production de l’actualité. Stéphane Leneuf, le rédacteur en chef de « Questions sur l’Europe » déclare : « Suivre l’actualité institutionnelle est très difficile : la temporalité actuelle des institutions européennes n’est pas adaptée à celle des médias qui se caractérisent par leur naturelle instantanéité. De la part de beaucoup de rédactions à Paris, il y a un repoussoir à traiter l’actualité européenne classique, considérée comme ringarde. Ainsi, il y a manifestement une difficulté à vulgariser ce genre d’informations. De plus, l’actualité européenne est moins conflictuelle, elle est basée sur le compromis. » D’après Véronique Auger, le traitement de l’information européenne se heurte au manque d’engouement des rédactions nationales. Elle exprime ce point de vue dans un article[4] récemment publié sur Géopolis : « Le thème de l’Europe embarrasse au plus haut point les rédactions. Depuis toujours court la rumeur que l’Europe fait chier le téléspectateur ou l’auditeur ou le lecteur. Moi, je crois que cela fait en réalité surtout chier le présentateur ou le rédacteur en chef qui a la flemme de mettre son nez dans des sujets qu’il sait ne pas maîtriser. »

            Il est intéressant d’observer que les euro-journalistes occupent une place particulière au sein des rédactions nationales. Selon Stéphane Leneuf : « les journalistes européens sont critiqués et considérés comme des «suppôts de la Commission». Par ailleurs, d’après Jean Sébastien Lefebvre, le journaliste européen n’est « pas toujours bien perçu » au sein de la profession journalistique. Il déclare : « On serait forcément « pro-européen » et avalé par l’eurocratie, voire même complice. Vision complétement erronée. Mais tous les rédacteurs en chefs ne sont pas comme ça, certains ont compris l’importance de cette information et qu’un journaliste européen peut être aussi critique qu’un journaliste français à Paris. ».

     B. L’Europe : une actualité « invendable » ?

     Selon Olivier Baisnée, l’Europe reste une actualité « invendable »[5]. En effet, l’actualité européenne «est réputée austère, technique et réservée aux spécialistes » et présente de surcroît « le gros handicap de ne pas se prêter à des images spectaculaires ». Par ailleurs, l’information européenne reste très institutionnelle et faiblement politisée, ce qui ne va pas dans le sens des lecteurs.

            Dans le but de dépasser ses logiques de production de l’information, quelques médias « pan-européens » ont vu le jour à l’instar d’Euronews. A l’exception de cette chaîne de télévision, les autres tentatives de création d’un média «pan-européen » ont jusqu’à présent échoué. Erik Neveu, sociologue et enseignant à l’Institut d’Études Politiques de Rennes, s’est penché sur la courte durée de vie du journal « L’Européen »[7]. Cet hebdomadaire d’information spécialisé sur les questions européennes a seulement publié 21 numéros dès son lancement en 1998. Les raisons de son échec sont multiples selon Michael Malherbe. Il s’agit d’un échec à la fois stratégique et financier (saturation du marché des hebdomadaires), d’un échec du côté du lectorat visé (des experts, généralement), d’un échec au niveau de l’effectif (trop faible) au niveau de la ligne éditoriale (jugée peu claire : en effet, un journal doit être neutre or celui-ci avait pour but de favoriser une prise de conscience d’une fédération européenne). De même, au cours de l’été 2013, la Commission européenne avait publié un appel d’offre pour le développement, l’implémentation et la gestion d’un média en ligne dédié aux affaires européennes. Elle fera marche arrière un mois plus tard «en raison de restrictions budgétaires».

            Toutefois, le dernier Eurobaromètre Flash[8] déclare que 70 % des Français désirent que les médias parlent plus d’Europe. Cette tendance se retrouve confirmée par un  récent sondage paru dans le journal « La Croix ». A l’heure où une pétition circule pour « plus d’Europe à la télévision » les euro-journalistes cherchent de nouvelles formes de traitement de l’information européenne. Par exemple, le magazine « Vox Pop » sur ARTE couvre de manière décalée les questions européennes. De fait, son rédacteur en chef, John Paul Lepers trouve : « qu’on parle mal de l’Europe dans les médias. Je veux sortir de cette langue que je ne comprends pas personnellement. On part de la parole du citoyen, de l’internaute, à moi de la porter auprès des puissants. »[9Les euro-journalistes apparaissent donc comme des journalistes particuliers au sein des rédactions nationales : l’information européenne est à la fois à destination d’un public national et serait de surcroît « invendable ».

                                                                                                                                                                        ***

            Au fil de notre étude et grâce aux témoignages de trois euro-journalistes, nous avons d’abord tenté de définir un profil sociologique « type » des euro-journalistes. Nous avons ensuite évalué la place singulière des euro-journalistes au sein des rédactions nationales. A la fois commentateur de l’actualité européenne et artisan d’un espace public européen, l’euro-journaliste occupe une place non négligeable d’ « influenceur » au sein du processus décisionnel de l’Union européenne. Il est donc un acteur d’importance de la sphère européenne au même titre que les groupes d’intérêt ou que les eurodéputés.

Pauline ARMANDET Bibliographie :  [7] Liste des euro-journalistes français accrédités auprès des institutions de l’UE :http://www.rpfrance.eu/Journalistes-francais-accredites.html [8] CF annexe 2 page 9 [9] E. FOUGIER «Le journalisme européen, un bien nécessaire », L’Europe en formation nº357, automne 2010 [10]Blog de Jean Quatremer :«Les Coulisses de Bruxelles»

[1] Olivier Baisnée «Le corps de presse accrédité auprès de l’Union européenne »dans Dominique Marchetti (dir.), En quête d’Europe. Médias européens et médiatisation de l’Europe, Presses universitaires de Rennes, 2004, pp. 25-52.

[2] Site de l’Association des journalistes professionnels, Mai 2012, Recherches et analyses, Les journalistes européens et les médias sociaux. Article en ligne:http://www.ajp.be/blogs/multimedia/les-journalistes-europeens-et-les-medias-sociaux/

[3] Institut des Hautes Etudes des Communications Sociales – IHECS, décembre 2010, Livre blanc en faveur du journalisme européen social et citoyen. Document disponible en ligne http://socialeuropeanjournalism.com/wp-content/uploads/2011/11/Livre-blanc-2010.pdf

[4] France TV Info, Géopolis, 14/02/2014, article de Véronique Auger intitulé« Le grand débat ». Article disponible en ligne http://geopolis.francetvinfo.fr/le-grand-debat-30439

[5] Baisnée Olivier, «Une actualité“invendable ”: les rédactions françaises et britanniques face àl’actualitécommunautaire », Cahiers Politiques, 2003, pp. 43-66.

[6] Hubé Nicolas, 2008, Décrocher la « UNE ». Le choix des titres de première page de la presse quotidienne en France et en Allemagne (1945-2005), Presses universitaires de Strasbourg

[7] Neveu Erik, «L’Europe comme communautéinimaginable? L’échec du magazine français L’Européen (mars-juillet 1998)», in Marchetti D. (dir) 2004, p. 25-50

[8] Eurobaromètre flash 387 – Commission européenne –  Novembre 2013 « Les Français et lUnion européenne », disponible en ligne http://ec.europa.eu/public_opinion/flash/fl_387_fr.pdf

[9] Article de Virginie Félix dans Télérama, 26 janvier 2014 : “Vox pop”: « John Paul Lepers, porte-parole des Européens, l’air de rien »http://television.telerama.fr/television/vox-pop-john-paul-lepers-porte-parole-des-europeens-l-air-de-rien,107666.php

                                                                ***

Article écrit par Pauline Armandet, mis à jour le 10 juin 2014

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3 réflexions sur “Etude sociologique : Les « euro-journalistes »

  1. Super article. dommage que vous oubliez les eurojournalistes qui travaillent dans un média dit européen donc sans nationalité réelle (EU voice, europolitics, new europe, agence europe…). Et je ne trouve pas que les journalistes européens soient sortis d’un cursus spécial, beaucoup ont appris sur le tas. Tout comme les relations qui ne se font pas uniquement sur base de nationalité mais de sujets traités.

    • Bonjour,

      Première remarque rajoutée. 😉 !

      Pour ce qui est du cursus universitaire des euro-journalistes, nous avions posé cette question à plus de 60 journalistes européens. Seulement quelques journalistes ont participé à l’élaboration de cette étude… Difficile donc de se faire une idée…

      N’hésitez pas à nous communiquer plus d’informations à ce niveau-là de manière à compléter l’étude ! Merci !

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