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Sport et philanthropie : l’union qui fait la force !

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Le 24 Avril dernier se tenait à Bruxelles la 3ème  Journée de la Philanthropie à l’initiative de la Fondation du Roi Baudouin. A cette occasion, Sport et Citoyenneté à co-organisé une table ronde sur le thème « Sportifs de Haut Niveau, futurs philanthropes ? »  à laquelle Jean-Marc Adjovi-Boco, Mbo Mpenza ainsi que Kim Gevaert nous ont fait le plaisir de participer. Nicolas Gyss, secrétaire général de Sport et Citoyenneté, était en charge de l’animation de cette table ronde. 
 

Selon le Baromètre Admical-CSA 2012, réalisé avec la participation du ministère des Sports[1], l’explication majeure de l’engagement des entreprises pour le mécénat sportif réside dans les valeurs positives qu’il incarne. Pour 39% des entreprises mécènes, la citoyenneté et la transmission des valeurs sportives comme l’esprit d’équipe, la persévérance, l’effort ou la discipline sont les principales raisons de leur engagement philanthropique. Ces valeurs transversales et universelles font du sport le domaine le plus prisé pour des actions de mécénat, puisqu’il a pris la 1ère position du classement depuis 2012.

Les domaines d’intervention de ces entreprises sont notamment l’accessibilité à la pratique sportive pour des publics qui en sont éloignés (26%) et l’insertion des publics défavorisés (8%). Pour 29 % d’entre elles, leur volonté est d’agir pour le sport à travers un ancrage local, comme le montre le choix majoritaire de la structure bénéficiaire : 86% des actions de mécénat sont des soutiens de proximité qui sont développés et adressés aux clubs sportifs locaux.

Ces actions philanthropiques vise en premier lieu le grand public (68%), suivi des jeunes et des scolaires (24%) et sont réalisées à 95% par des PME.

Les valeurs du sport coïncident en tout point avec celles de la philanthropie. En s’investissant sur les deux fronts, certains sportifs se servent de leur notoriété pour faire de cette union une arme puissante au service de l’intérêt commun. Une contribution à encourager, sans modération.

Les anciens footballeurs internationaux Jean-Marc Adjovi-Boco et Mbo Mpenza ainsi que l’ex sprinteuse Kim Gevaert en ont fait la démonstration en présentant leurs projets respectifs à l’occasion de la 3e grande Journée de la philanthropie en Belgique, organisée par la Fondation Roi Baudouin à Bruxelles le 24 avril dernier.

L’éducation par le sport

Engagé sur le terrain de l’éducation, l’ancien défenseur du RC Lens a créé il y a 15 ans Diambars, un centre de formation pour apprentis footballeurs au Sénégal, initiative étendue depuis en Afrique du Sud ainsi qu’en banlieue parisienne. Sa reconnaissance de sportif de haut niveau, ainsi que celles de ses confrères Bernard Lama, Patrick Vieira (co-fondateurs de Diambars) leurs ont permis d’entraîner dans leur sillage plusieurs fondations, des entreprises et certains États comme la France ou la Norvège. « Nous avons souhaité mettre en place une structure pour former les jeunes dans leur environnement mais aussi et surtout pour les éduquer avant qu’ils ne partent. Qu’ils deviennent footballeurs professionnels ou non », témoigne Jean-Marc Adjovi-Boco. Le football n’est qu’un moyen, l’objectif final de l’association est l’éducation et le développement économique et social du continent africain. L’institut emploie aujourd’hui 85 personnes sur place et fait vivre une quarantaine d’entreprises de la région. Depuis 2003 et la rentrée des premières promotions au centre, plus de 130 jeunes ont été formés et aujourd’hui, dix d’entres eux jouent en Europe.

Kim Gevaert, quant à elle, est l’ambassadrice de SOS Villages d’Enfants depuis 2007 et investit beaucoup d’énergie chaque année pour cette association. Elle épaule toutes les activités sportives au profit de SOS. Elle est également marraine d’un enfant depuis plusieurs années : « Mon mari Djeke et moi-même souhaitions nous engager concrètement pour les orphelins du Congo, son pays natal. Je suis ainsi devenue marraine du petit Pascal, l’un des nombreux orphelins de l’est du Congo ». Grâce à l’ancienne championne et l’association, ces orphelins retrouvent un nouveau foyer. Preuve s’il en faut que les sportifs ont un rôle important à jouer dans le paysage de la philanthropie. Après, mais aussi pendant leur carrière.

Protéger les sportifs et les confronter à la réalité

Même s’il n’est pas toujours évident pour les athlètes de s’investir pour une cause, agents et clubs cherchant à les protéger des sollicitations extérieures, la philanthropie recèle en effet une double vocation. D’une part, empêcher les champions en devenir de « déraper ». Combien sont-ils, au moment où le succès leur tend les bras, à voir leurs rêves s’effondrer pour des raisons extra-sportives ? « En arrivant à les faire adhérer à un projet, ils se sentiront investis d’une responsabilité. S’impliquer permet en plus de se construire personnellement », plaide Jean-Marc Adjovi-Boco. Conscient de cette réalité, l’ancien « Diable Rouge »[2] Mbo Mpenza a ainsi décidé de créer un fond pour venir en aide à ceux dont la carrière s’interrompt inopinément. L’objectif : les aider à retrouver une seconde vie, dans le sport ou ailleurs. Autre atout de la philanthropie, permettre aux athlètes de garder contact avec la réalité. « Ils sont très souvent enfermés dans leur cocon. Or, il est important de rester connecté avec la vie. »

Dire qu’il y a trop peu de sportifs impliqués dans des actions philanthropiques aujourd’hui à la vue du nombre de défis à relever est un euphémisme. Encore faudrait-il qu’ils prennent conscience des vertus potentielles de l’engagement citoyen sur leur carrière et du pouvoir que leur confère leur statut. Que ce soit grâce à la force de leur image ou des moyens matériels qu’ils ou elles souhaiteraient affecter. Car dans le sport comme en philanthropie, l’union fait la force !

 

Benjamin Dusaussoy, journaliste Bénélux, think tank Sport et Citoyenneté

Et  Amandine Luce, chargée de communication, think tank Sport et Citoyenneté

 

[1] http://www.admical.org/editor/files/Le_mecenat_d-entreprise_en_France_2012%E2%80%93Admical-CSA.pdf

[2] Surnom donné à l’Equipe nationale de football de Belgique

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