Identité, Culture et Échange

Bon vent au Balkan Zug !

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L’Orient Express était en gare de Strabourg !

Samedi 23 août, une cinquantaine de passants sont surpris par une joyeuse troupe de 20 jeunes musiciens, à la gare de Strasbourg. C’est le début du voyage pour l’équipe de Balkan Zug. Ses musiciens ont entre 18 et 22 ans, ils viennent de Bosnie, d’Allemagne, de France et de Turquie ; ils vont tous ensemble à Istanbul, réempruntant la route mythique de l’Orient Express.

Il est question de symboles : celui du voyage au travers de l’Europe, des échanges transfrontaliers des nouvelles générations, de la légèreté  de la musique. Lors de leur troisième et dernière représentation strasbourgeoise, à la gare de Strasbourg, les airs de musiques rendent nostalgiques des passants, qui fredonnent ou esquissent quelques pas de danse. Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg, en première ligne, marque la pulsation.

Pensé au sein de l’association Ballade, dont le but est de promouvoir la musique traditionnelle européenne par l’apprentissage à l’oreille, ces concerts sont nés grâce au cadre proposé par Balsika (BALkans-ALSace-musIKA), et une réflexion autour du « souffle ». Balkan Zug est l’un des 100 projets pour la paix retenu par l’OFAJ (Office franco-allemand pour la Jeunesse), par ailleurs financé par Erasmus+, et soutenu par de nombreuses associations locales (comme Soyop à Istanbul), ainsi que les instituts français des villes traversées.

« Devenir une partition ».

Au cœur du projet, l’échange. Jean Claude Chozcan est à l’origine de ce qu’il appelle ses « orchestres phénix », puisqu’ils se forment et reforment à l’infini. C’est en Afrique que ce professeur de guitare découvre les techniques d’apprentissage par cœur ; et c’est surtout grâce à l’aide du docteur Pierre Kerli auquel il rend hommage, qu’il transforme progressivement son duo de guitare en un orchestre. Son répertoire musical est composé de musiques populaires gitanes, paysannes ou balkaniques, en plusieurs langues. Par la musique, il transmet les cultures, insistant sur l’importance de les recontextualiser, de les localiser pour mieux les comprendre.

 « Devenir une partition » fait partie du procédé d’apprentissage de l’association : les jeunes guitaristes, clarinettistes, violonistes apprennent puis enseignent les morceaux de musique. Le bouche à oreille est la première cause du recrutement des jeunes musiciens, dont certains ont appris à jouer d’un instrument grâce à l’association.

Penser l’Histoire et tourner la page

Le but du projet est aussi de représenter et véhiculer la diversité européenne. L’équipe est composée de 5 français, 5 Turcs, 4 Allemands, 5 Bosniens, qui se rencontrent pour certains d’entre eux pour la première fois. Perrette Ourisson, la présidente de l’Association Ballade Vienne souligne l’importance de former des lieux de rendez-vous et de contacts entre les jeunes européens : il est temps de rencontrer ceux que les grands-parents de la jeune génération considéraient comme des ennemis.

Il s’agit aussi de confronter les différents points de vue de l’Histoire, de déformer les mots et les aprioris pour redéfinir les bases du passé et des héritages. Les jeunes sont issus de formations différentes : ils étudient sciences politiques, cinéma, journalisme, droit –ce qui leur permet encore plus d’étayer leurs points de vue sur leur passé commun. Pour la chef du projet Virginie Erb, la symbolique du parcours de l’Orient Express est aussi une manière de réhabiliter le contexte de la première guerre mondiale, de le sortir de ses clichés et le réinscrire dans un fleuron intellectuel et culturel fort. Des clins d’œil sont faits à l’époque, via des valises diplomatiques sont remises dans les différentes villes où les musiciens se produiront : Francfort, Vienne, Budapest, Belgrade, Sofia, Istanbul. Par ailleurs, par soucis du détail, les véritables menus de l’Orient Express sont transformés en sandwichs pour l’équipe de musiciens : ou comment customiser et rajeunir l’esprit d’un Train bleu parfois perçu comme élitiste et eurocentrique.

L’expérience est néanmoins bien plus culturelle que politique pour les membres de l’équipe de Balkan Zug. « La musique traditionnelle permet de rassembler, puisqu’elle est celle qui perdure à travers les différentes époques » note Jenny Pillet, guitariste, membre de Balkan Zug depuis 3 mois. Si l’Union européenne lui évoque une machinerie lente, administrative, et complexe, la diversité de l’Europe est pour elle vecteur de paix et d’enrichissement.

Estelle Delaine

Retrouvez le parcours de l’équipe de Balkan Zug, mis à jour régulièrement par la journaliste Julia Mariton ici !

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