5 questions à Jean-Claude Juncker

Jean-Claude Juncker, candidat du PPE à la présidence de la Commission Européenne (source: PPE)

Jean-Claude Juncker, candidat du PPE à la présidence de la Commission Européenne (source: PPE)

Jean-Claude Juncker est le candidat du Parti Populaire Européen à la présidence de la Commission européenne lors des élections européennes de mai 2014.

Pourquoi êtes-vous le meilleur candidat pour devenir le prochain Président de la Commission européenne ?

Président de l’Eurogroupe pendant 9 ans, je sais ce que c’est que de gouverner en temps de crise. A ce poste, j’ai lutté de front contre la crise, en aidant les pays en difficulté à retrouver le chemin de la croissance, à la fois grâce à un programme d’aide financière fondé sur le principe de solidarité et à une discipline budgétaire essentielle à la reprise économique.

J’ai parfois dû prendre des décisions pénibles mais cette double approche fondée sur la solidité financière et la solidarité porte aujourd’hui ses fruits : la Grèce est revenue sur les marchés, l’Irlande et le Portugal sont sortis du programme d’aide… Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ce sont des gouvernements dirigés par des membres de mon parti, le PPE !

Premier ministre du Luxembourg, pays fondateur de l’Union ancré au cœur du continent européen, pendant 18 ans, j’ai moi-même l’Europe à cœur et je m’efforcerai de la remettre sur la voie de la prospérité.

Comment rapprocheriez-vous les citoyens et l’UE ?

Les dispositions du Traité de Lisbonne, qui permettent désormais aux votes des citoyens d’avoir une réelle influence sur le choix du Président de la Commission, permettront déjà de contribuer à restaurer la confiance des citoyens dans l’UE. Ensuite, en tant que Président de la Commission, je ferai en sorte que les décisions soient prises au plus près des citoyens et que l’UE n’empiète pas sur les compétences des Etats et des collectivités territoriales. Rien n’agace plus les citoyens qu’une Europe qui s’immisce dans chaque aspect de leur vie quotidienne. C’est pour cela que je veux une Europe qui se concentre sur de grands chantiers stratégiques et qui n’intervient que là où son action est la plus pertinente.

Quelle est votre solution préférée pour relancer la croissance et s’attaquer au chômage ?

Ramener la croissance et l’emploi en Europe, c’est ma priorité. Pour moi, le taux de chômage, dans beaucoup de pays, est inacceptable, et notamment chez les jeunes. Je veux  soutenir les Etats membres pour développer l’apprentissage, et donner à chaque jeune la possibilité d’exploiter son potentiel d’entrepreneur ou l’aider à tenter l’aventure entrepreneuriale une seconde fois après un échec. La Garantie Jeune, c’est bien, mais ce n’est pas assez : nous ne voulons pas que des stages pour nos jeunes, mais des emplois décents et bien rémunérés. Mais je n’oublie pas aussi le grave problème que constitue le chômage des seniors. Je travaillerai sans relâche pour aider les Etats membres à créer des emplois pour tous.

En ce qui concerne la croissance, je crois qu’elle nécessite tout d’abord des finances publiques saines ; on ne fonde pas la croissance sur de la dette qui s’accumule. C’est le sens des réformes structurelles entreprises par les gouvernements PPE à travers l’Europe. Ensuite, je pense que l’Europe a besoin de quelque chose qui a beaucoup de valeur mais qui ne coûte pas cher : des idées ! L’une de mes idées, c’est l’accomplissement du marché unique du numérique : les technologies numériques peuvent transformer nos économies aussi profondément que la machine à vapeur l’a fait au XVIIIème siècle ou l’électricité au XIXème siècle. Ce marché unique, ce sera 500 milliards d’euros apportés à l’économie européenne en 5 ans et 4,8 millions de personnes employées dans le secteur en 2018, soit 2 fois plus qu’aujourd’hui. Pour faciliter la création d’un futur Google ou Facebook européen, ce projet apparaît indispensable.

Quels sont les principaux changements que vous souhaiteriez réaliser au cours des cinq prochaines années, si vous devenez Président de la Commission ?

Tout d’abord, c’est la Commission elle-même que je souhaite renforcer. Je veux une Commission composée d’hommes et de femmes politiques, et non de hauts fonctionnaires. Je veux aussi que les portefeuilles des commissaires soient regroupés sous l’autorité de plusieurs vice-présidents, qui auront notamment la consigne de renforcer la croissance et de combattre l’inflation législative, pour une Europe plus simple et plus efficace.

Ensuite, je le redis, ma priorité sera de remettre l’Europe sur la voie de la croissance et de l’emploi. C’est dans ce sens que je propose ce marché unique du numérique, mais aussi une « union européenne de l’énergie », qui garantira des prix abordables pour l’énergie, élément clef pour la compétitivité de notre industrie. Cette union européenne de l’énergie nous permettra aussi de réduire notre dépendance vis-à-vis des pays tiers et, en investissant dans la recherche et l’innovation, de faire que l’Europe devienne le champion des énergies renouvelables.

Enfin, je serai le Président de la Commission qui mènera à bien le partenariat commercial transatlantique. Ce traité est une opportunité formidable tant pour les Etats-Unis que pour nous : on estime que cet accord pourrait contribuer à l’économie européenne à hauteur de 120 milliards d’euros, c’est-à-dire 545 euros par an pour chaque foyer européen et, par exemple, 140 000 nouveaux emplois en Italie et en Espagne. Néanmoins, en tant que président de la Commission, je ne transigerai pas avec nos normes européennes concernant la sécurité alimentaire, la diversité culturelle, le respect de l’environnement et la protection des données personnelles. Sur ces sujets je serai intraitable avec nos partenaires.

Pour finir, à quoi ressemble votre Europe idéale ?

Dans l’Europe telle que je la conçois il n’y a pas de « Nord à louer » et de « Sud à blâmer », il n’y a qu’une Europe, réunie. Le monde change. De nouveaux pôles de puissance émergent. Président de la Commission, je travaillerai nuit et jour pour que l’Europe soit une puissance influente au cœur de ce nouveau monde, et qu’elle incarne mieux que personne les valeurs de paix et de démocratie. Je veux qu’elle soit à la pointe de l’innovation et qu’elle soit une destination privilégiée pour les cerveaux du monde entier. Mais je veux avant tout une Europe soucieuse du bien-être de ces citoyens et qui continue d’avoir des normes exigeantes en termes de prestations sociales et de qualité de vie.

Nous vous remercions beaucoup pour votre participation à notre projet !

Pierre-Antoine KLETHI

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